Extrait
Le mythe de l'ostéoporose

Chaque année en France, on compte environ 40 000 fractures du poignet, 60 à 70 000 «fractures» des vertèbres et 50 000 fractures du col du fémur chez les plus de 50 ans. La fracture du col du fémur n’est pas un mince événement : 20 % des victimes décèdent de ses complications au cours de l’année suivante et 50 % en gardent un handicap définitif. Finalement, seules 30 % des personnes touchées retrouvent leur autonomie. Ces tristes statistiques sont attribuées par tout le monde – pouvoirs publics, laboratoires, médecins et médias – à l’ostéoporose, une fragilisation du tissu osseux qui atteint surtout les femmes et sa fréquence augmente avec l’âge. Globalement, nous dit-on, 40 % d’entre elles seront touchées après la ménopause. Côté hommes, plus de 15 % en souffriront dans leur vie et les complications graves des fractures du col du fémur sont plus importantes chez eux. Si l’ostéoporose est une réalité, l’industrie pharmaceutique et l’industrie agroalimentaire en ont fait un épouvantail. Selon eux, il s’agirait d’une maladie épidémique, silencieuse et mortelle qui affecterait une femme sur deux après la ménopause. Cette campagne de promotion basée sur la peur assure à tout le monde – industriels, médecins, laboratoires – des revenus très confortables. Les sociétés de l’agrobusiness laitier écoulent leurs laitages et leurs eaux minérales riches en calcium, censés prévenir les fractures. Les cabinets de radiodiagnostic multiplient les examens de densitométrie osseuse, dont la signification clinique est pourtant douteuse. Quant aux laboratoires pharmaceutiques, ils vendent des médicaments contre l’ostéoporose aux effets controversés. Après avoir fait prendre pendant des années à des millions de femmes ménopausées des hormones de synthèse – à l’origine d’une augmentation du risque de cancer du sein –, ils ont réussi à leur faire avaler des dizaines de millions de boîtes de médicaments censés renforcer les os, avant qu’on réalise, en mai 2012, que ces bisphosphonates étaient peu ou pas utiles à long terme et parfois même à l’origine… de fractures osseuses ! D’autres laboratoires écoulent des millions de comprimés de calcium. La plupart ne servent à rien et ils sont même soupçonnés d’augmenter le risque d’infarctus. Le message de ce livre est simple et rassurant : on peut éviter une fracture à soi-même ou à un proche sans laitages ni médicaments, ni comprimés de calcium, sans recours systématique aux examens radiologiques. En adoptant des mesures simples, qui ne coûtent rien, et qui sont sans danger.

Le mythe de l'ostéoporose
Thierry Souccar