Stress : les maladies qu'il favorise

Stress : les maladies qu'il favorise

Si le stress n'est pas une maladie, un stress chronique lui engendre des complications physiques ou psychologiques avec des répercussions importantes sur la santé ou la qualité de vie. Tour d'horizon des maladies favorisées par le stress avec le Dr Setbon, co-auteur de 6 ordonnances anti-stress.

Le stress apparaît, la plupart du temps, comme une réaction normale, « physiologique » de l’organisme. S’il persiste, il est responsable de tous ces symptômes pour le moins désagréables qui mènent souvent le stressé à consulter un médecin. Le stress n’est pas une maladie à proprement parler mais, s’il n’est pas géré, contrôlé, il peut favoriser la survenue de maladies parfois graves. La communauté scientifique définit donc le stress comme un facteur de risque d’apparition de certaines maladies.

Les complications cardiovasculaires

Elles sont dues à la présence de dépôts d’athérome sur les petites artères irrigant le cœur, les coronaires. Le rétrécissement, ou sténose, d’une ou plusieurs de ces artères peut aboutir à un infarctus du myocarde avec un risque vital.
Dans les années 1950, des cardiologues américains constatent que bon nombre de leurs patients coronariens partageaient un même type de comportement. En 1959 ils décrivent les profils A et B.
TYPE A : il conçoit la vie comme une lutte. Il est impatient, ambitieux. Il agit rapidement et ne dédaigne pas la compétition. Il est volontiers extraverti, colérique voire agressif. Il apparaît nettement stressé.
TYPE B : il est plutôt introverti, apparaît détendu, patient. Il ne conçoit pas la vie, son travail comme une lutte.
L’étude conforte alors le lien entre les patients appartenant au profil A et le risque de survenue d’une maladie coronarienne. En fait, ce risque apparaît comme étant deux fois plus important chez un sujet de type A que chez un individu appartenant au profil B.
Depuis les années 1990, au-delà de la typologie A ou B, l’hostilité, l’agressivité, la nervosité, le surmenage, la colère, un état dépressif sont autant de signes qui définissent les contours flous d’un risque cardio-vasculaire chez l’individu stressé. Ce risque ne peut, la plupart du temps, suffire à expliquer la survenue d’un incident coronarien. Toutefois, nous savons bien que le stress s’accompagne souvent d’abus de tabac, d’hypercholestérolémie, de surpoids et de sédentarité. Ces facteurs de risques sont largement impliqués dans la survenue de ces maladies. Leur association avec le stress est d’autant plus délétère sur la santé, sur les coronaires en particulier.
Alors, le stress seul peut-il être responsable d’un accident cardiovasculaire ? Il n’est plus rare aujourd’hui pour les cardiologues de recevoir en consultation ou d’accueillir en réanimation des individus, souvent jeunes, chez lesquels on ne retrouve aucun autre facteur favorisant la maladie coronaire qu’un stress intense et souvent prolongé.
Au Japon, le karôshi est reconnu parfois comme maladie professionnelle. Il s’agit d’un surmenage professionnel majeur entraînant le décès par arrêt cardiaque. Un des mécanismes essentiels de ces problèmes coronariens de l’adulte jeune semble lié à une hypersécrétion d’adrénaline qui est néfaste pour le cœur, en particulier par le biais d’une accélération de la fréquence cardiaque. En l’absence de corrélation actuellement démontrée, on ne peut qu’évoquer la relation probable entre accélération de la fréquence cardiaque et le risque d’apparition d’une maladie coronarienne.

Les complications psychiatriques

L’anxiété est probablement la première complication psychologique du stress. Elle consiste en un état d'alerte, de tension psychologique et somatique en rapport avec un sentiment désagréable de peurs, d'inquiétude. Des manifestations physiologiques peuvent accompagner l'état d'anxiété : vertiges, nausées, palpitations, difficultés à respirer, constriction de la poitrine, sueurs. Néanmoins, quand les symptômes physiques sont très présents, on classe plutôt le phénomène sous l'appellation d'angoisse.
Les phobies semblent influencées par le stress. Elles sont très fréquentes d’autant plus que ceux qui en souffrent osent désormais en parler. En effet, un sentiment de honte ou de crainte du ridicule semble minimiser (n’est-ce pas là plutôt le sens, dans la perception de la fréquence des phobies plutôt que dans la réalité des crises ?) leur fréquence. Il s’agit d’une peur tout à fait irrationnelle déclenchée par certaines situations : agoraphobie (peur du vide mais aussi de la foule), nosophobie (peur des microbes et des maladies), peur de l’autoroute, des serpents, des araignées. Attention, il ne s’agit pas d’une simple frayeur ou d’un dégoût mais d’une peur intense accompagnée de symptômes très désagréables voire de sensation de « mort imminente ». On retrouve assez souvent un stress initial, un choc psychologique avant le déclenchement de ces crises de panique.
La dépression apparaît parfois comme succédant à un stress intense et prolongé. Les signes de la dépression associent pêle-mêle fatigue, désintérêt, tristesse de l’humeur, envie de ne rien faire voire véritable douleur morale pouvant mener à la tentative de suicide. Il faut certainement tenir compte de la personnalité de l’individu, peut-être fragile psychologiquement, et du contexte. On ne peut ignorer la survenue, ces dernières années, de cas de suicides de nombreux salariés d’une grande société nationale française de téléphonie. Il semble bien que stress et surmenage aient été au rendez-vous.
Le stress, si banalisé dans les médias et par les médecins, eux-mêmes souvent démunis, peut probablement tuer. Il doit donc être pris au sérieux, être dépisté précocement et être traité.

Les complications psychosomatiques

On appelle maladies psychosomatiques l'ensemble des troubles, syndromes ou symptômes ayant une base psychologique.
D’une manière générale, les troubles gastro-intestinaux constituent les maladies psychosomatiques les plus fréquentes : le foie, les intestins, le côlon sont en effet les organes cibles des névroses. Nombre de patients stressés souffrent de colopathie fonctionnelle parfois très gênante.
Il a été également établi que les maladies de peau, si elles ne sont pas liées à une affection ou un virus, auraient une origine psychique. Le psoriasis, qui touche 2 % de la population française, les verrues, l’herpès, la transpiration excessive, la couperose ou l’eczéma apparaissent volontiers en raison de contrariétés et d’émotivité.
L’asthme et l’obésité ont des causes complexes et multifactorielles. Toutefois, dans ces maladies fréquentes et chroniques le stress apparaît, si ce n’est comme un facteur causal, comme un facteur pérennisant.

Les complications immunitaires

Soyons clairs ! À l’heure actuelle, aucune étude médicale sérieuse ne laisse entendre que le sida ou les cancers sont favorisés par le stress.
Il est toutefois raisonnable de penser qu’un stress chronique peut entraîner un affaiblissement des défenses de l’organisme. De nombreuses études ont été menées chez l’animal et parfois chez l’homme. Les résultats sont souvent contradictoires : ainsi on a pu montrer chez l’animal une baisse des défenses immunitaires en cas de stress intense. De là à dire que le stress déclenche ou aggrave le sida ou les cancers, il n’y a qu’un pas qu’aucun scientifique ne franchit. Le sida reste une maladie due au développement d’un virus dans l’organisme. Les cancers restent liés à un développement tumoral anarchique favorisé, pour certains, par des paramètres environnementaux ou personnels.
Dans tous les cas, qu’il s’agisse de cancers ou du sida, il ne faudra pas négliger le facteur stress. Les maladies sévères chroniques engendrent par elles-mêmes un stress, mettant le patient face à un diagnostic lourd de conséquences et à un traitement long et difficile à vivre au quotidien. Il conviendra pour les praticiens en charge de ces patients d’être à l’écoute et de les aider à gérer leur stress, leur anxiété voire un début de dépression.
L’avenir et la recherche médicale nous diront peut-être un jour si le stress est responsable de tous ces maux. En tout cas, les maladies cardiovasculaires tuent. L’anxiété, la dépression, l’obésité et les troubles alimentaires sont très probablement favorisés par le stress et détruisent souvent le tissu social et familial si nécessaire à l’être humain. Quant aux individus atteints de cancer ou du sida, ils n’ont pas besoin de stress supplémentaire !

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