Interview

L. Gonnet : le lien entre insuline et poignées d'amour

L. Gonnet : le lien entre insuline et poignées d'amour

Lionel Gonnet, personal trainer formé à la BioSignature et auteur d'En finir avec les poignées d'amour, explique l'origine des poignées d'amour et l'intérêt du programme qu'il propose pour les faire fondre.

Comment expliquez-vous que l'on puisse être mince et sportif et avoir quand même des poignées d'amour ?

La répartition des graisses est influencée par la génétique mais aussi beaucoup par les hormones. Un déséquilibre d’une hormone se traduit par une accumulation de graisse à des endroits très précis. Donc même en étant relativement mince de façon générale, il se peut qu’un déséquilibre hormonal crée des bourrelets à certains endroits uniquement. C’est ce que le préparateur physique canadien Charles Poliquin a mis en évidence et traduit en un système appelé BioSignature. Les poignées d’amour trahissent une tendance à produire régulièrement trop d’insuline. Cette sécrétion anormale a pour la plupart du temps pour cause un abus de glucides par rapport à sa capacité individuelle à les gérer, et/ou une prise de glucides de mauvaise qualité (index glycémique élevé), et/ou au mauvais moment. Un sportif sera mieux loti qu’un sédentaire mais s’il fait des erreurs et « joue » régulièrement avec l’insuline, ses poignées d’amour trahiront immanquablement son comportement alimentaire. Je pense notamment à ces sportifs qui s’hydratent avec des boissons « énergétiques » ou qui mangent des pâtes sans retenue parce qu’ils ont entendu dire que c’est un plat de sportif. D’autres facteurs jouent sur la production d’insuline, comme indirectement le stress ou le sommeil, mais globalement, c’est l’alimentation le premier levier. Enfin il faut bien se rappeler qu’être mince ne signifie pas avoir un pourcentage de masse grasse bas. On peut paraître mince parce qu’on a une masse musculaire peu importante mais être malgré tout gras. C’est le cas de nombreuses personnes misant uniquement sur la restriction des calories. Habillées, elles peuvent paraître en forme, et leur poids de corps est bas, mais en maillot de bain, c’est une autre histoire.

Existe-t-il une différence entre les hommes et les femmes en ce qui concerne les poignées d'amour ?

J’entends souvent affirmer que les poignées d’amour sont un problème masculin. C’est faux. D’expérience, hommes et femmes sont touchés de façon égale. L’insuline n’est pas une hormone caractéristique d’un des deux sexes. Je dirais même que les femmes sont plus susceptibles de voir cette partie de leur corps s’alourdir. Ce que je vois est qu’elles ont recours plus souvent que les hommes à la nourriture, et surtout aux aliments sucrés, pour combler un mal-être. Le sucre chez certaines femmes est une addiction très puissante. Le jour où elles décident qu’il est temps de prendre la nourriture pour ce qu’elle est, et pas pour une consolation ou une récompense, la fonte des poignées d’amour peut être fulgurante.

Le programme anti-poignées d'amour que vous proposez a-t-il d'autres effets sur la silhouette ? Sur la santé ?

L’insuline est l’hormone qui a des effets sur la perte ou la prise de graisse les plus puissants. Ils se voient surtout au niveau des poignées d’amour, mais l’ensemble du corps est aussi concerné. Donc en suivant les principes anti-poignées d’amour de la BioSignature, l’ensemble de la silhouette sera amélioré. Un programme visant à rééquilibrer les oestrogènes par exemple se manifesterait davantage par une perte de graisse localisée aux cuisses et fessiers. L’amélioration de la santé est spectaculaire : sensation d’énergie en hausse, meilleur sommeil, meilleure humeur, baisse de la glycémie, de l’insuline, du risque de diabète, de maladies cardiovasculaires, de certains cancers, de syndrome des ovaires polykystiques, etc.

Un message pour motiver vos lecteurs ?

Essayez ne serait-ce que deux semaines de vraiment suivre au moins les conseils alimentaires que je donne. Même s’il faut faire des efforts, dans la plupart des cas, les gens se sentent beaucoup mieux et des petits ennuis comme des ballonnements, du reflux gastrique, des maux de tête ou de la fatigue s’estompent très rapidement. Sans compter évidemment le tour de taille qui fond à vue d’œil… Et quand ils goûtent à nouveau à leur alimentation « d’avant », tous les maux réapparaissent. C’est l’apprentissage expérimental, bien plus convaincant que n’importe quel discours.

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