Musculation et seniors

Il n’y a pas d’âge pour soulever des poids

Il n’y a pas d’âge pour soulever des poids

La musculation est le meilleur moyen de prévenir la fragilité qui accompagne le vieillissement.

Nous savons que la fragilité liée à l’âge se présente le plus souvent comme une perte de masse musculaire ou sarcopénie. Elle s’accompagne de perte de force, lenteur de la démarche, sédentarité croissante et peut conduire à des complications potentiellement graves comme les chutes, qui sont la première cause de fractures chez les personnes âgées.

L'antidote à la fragilité, c’est la musculation, ou, techniquement, l’entraînement à résistance progressive de haute intensité (PRT pour progressive resistance training).

Son usage en médecine date de 1945, quand un médecin de l'armée américaine, le Dr Thomas L. DeLorme qui avait lui même utilisé des haltères pour se remettre d’une maladie de jeunesse, a pensé que des exercices avec des poids pourraient accélérer le rétablissement des nombreux militaires américains blessés aux membres pendant la guerre. DeLorme a affiné son programme en 1948 en y incluant des séries de 10 répétitions avec des charges progressivement plus lourdes.

Il a rapidement été adopté comme standard dans les programmes de kinésithérapie militaire et civile. Cependant, ses principes n'avaient jusqu’à une époque récente, jamais été appliqués aux adultes plus âgés.

En 1988, une étude de Harvard a testé ce protocole sur 10 résidents d’EHPAD (établissement hospitalier pour personnes âgées dépendantes) âgés de 86 à 96 ans. En 8 semaines, leur force musculaire a doublé ou triplé, la taille du muscle a augmenté et la mobilité fonctionnelle s'est améliorée. Deux d'entre eux ont jeté leurs canes. Lorsque l'entraînement a cessé, ils ont rapidement perdu les avantages acquis.

Plusieurs études plus importantes ont suivi, et on a la certitude que les bénéfices de la musculation s’étendent à toutes les personnes âgées, qu’elles soient bonne santé ou souffrant de maladie chronique. Des biopsies musculaires chez des personnes âgées de 101 ans ont montré une capacité régénératrice remarquable du muscle après PRT, avec transformation de cellules satellites en cellules musculaires, expression de signaux moléculaires normalement observés chez les embryons et les nouveau-nés, accroissement des fibres musculaires matures, et augmentation nette des médiateurs hormonaux anabolisants comme l’IGF-1.

Il n’y a pas d’âge au-delà duquel le PRT perd son efficacité. Alors, à vos haltères !

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