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Par MAGALI WALKOWICZ

A propos de l’appréhension des régimes … et du régime cétogène

A propos de l’appréhension des régimes … et du régime cétogène

Depuis quelques temps, l’envie d’écrire sur la manière d’appréhender les régimes me titille. Cette envie n’est pas venue par hasard. Elle est là sans nul doute à force de lire les titres ou les chapô d’articles qui affirment que l’on sait désormais que les régimes amaigrissants font grossir. De ces émissions télé qui prétendent livrer la recette pour maigrir en mangeant un pain au chocolat par jour, défiant triomphalement ainsi tout autre régimes et racolant au passage de nombreux adeptes. La publication du rapport d'expertise collective de l’ANSES « Evaluation des risques liés aux pratiques alimentaires d’amaigrissement », en novembre 2010, qui a passé au crible plusieurs régimes, y est certainement pour quelque chose. Il est intéressant (il est disponible sur internet), présente certaines vérités, mais ne constitue pas une universalité de jugement de tout régime alimentaire. Sans nul doute aussi à cause des réactions de colère démesurées, sur les forums, dans les commentaires d’articles qui osent parler d’un régime alimentaire tout court (pas seulement amaigrissant). Une des plus inattendus « c’est au dessus de mes forces de critiquer intelligemment un régime » à propos du régime cétogène. Absurde mais qui a le mérite d’avouer clairement la faute. Aucune intelligence derrière le jugement émis.

Sur fond du procès des régimes, les actes d’accusation sont les suivants : effet de mode, responsable du surpoids, dangereux, participe exclusivement à l’enrichissement de certains auteurs… A force de s’en prendre aux régimes, il y a désormais la mode de l’anti-régime. J’avoue ne pas comprendre.

Il me paraît pourtant difficile, impossible même, de nier le lien entre l’alimentation et le poids, le lien entre l’alimentation et certaines maladies, le lien entre l’alimentation et la participation active au traitement de certaines maladies. Peut-être ai-je de mon côté la multiplicité d’exemples lié à  l’expérience de la pratique comme preuve. Le passage d’un régime alimentaire à un autre permet bien souvent d’atteindre des objectifs fixés au départ, question poids ou question santé. Que faire face à cet aveuglement de la mode anti-régime ? Ne pas répondre et peut-être participer au découragement de personnes obèses ou en surpoids à suivre un régime amaigrissant, à ne pas encourager à la mise en place d’un régime pour répondre aux besoins diététiques amenées par certaines maladies ? Ce serait dommageable à mon humble avis parce que cette prétendue vérité nouvelle portée haut et fort, reposant sur de faux postulats, pourrait priver certains d’une issue salutaire à leur problème de poids ou de santé.

Je ne veux pas ici convaincre de l’utilité ou de l’inutilité de tel ou tel régime, même si je prends pour exemple ci-dessous le régime cétogène. Juste rappeler que juger demande de la méthode et de la rigueur et non de détenir plusieurs a priori qui ont été transformés en vérités immuables.

Quelques pistes de méthode d’évaluation et de jugement d’un régime alimentaire – cas du régime cétogène.

Il est tout à fait normal et même recommandé, d’interroger un régime, de le « décortiquer », afin d’en connaître son fonctionnement, de mesurer son impact sur notre organisme. Il faut donc partir dans cette aventure avec des doutes et surtout sans aucune « certitude aveugle » positive ou négative. Rester libre autant que possible dans son jugement, loin des diktats de l’opinion – Cela vaut pour les patients et les professionnels de la santé.

Les faits : le régime cétogène en pratique :

Le régime cétogène est un régime avant tout thérapeutique, préconisé par certains praticiens de la santé, dans le cadre de l’épilepsie réfractaire aux traitements médicamenteux, dans le cadre du cancer, de certaines maladies neuro-dégénératives, de lésions consécutives à certains AVC, mais également un régime minceur. Attention, il n’est pas pour autant un régime universel contrairement à certains dires « ironiques » et son action est bien précise dans chaque cas où il est abordé. Il consiste à consommer moins de 50 g de glucides (sucres) par jour et au moins 3 fois plus de gras que de non gras (protéines + glucides). Il est éloigné des recommandations nutritionnelles en vigueur dans notre pays. Ces dernières ne constituent pas un critère d’évaluation valable puisque fortement critiquables sur certains points ! Pourtant ce dernier point, invalide aux yeux de certains, professionnels de la santé compris, ce régime qui pourtant peut être salutaire.

Ne constituent pas également des critères d’évaluation valables :

(La liste ci-dessous n’est pas exhaustive et a été établie en fonction de ce qui a pu être dit ou écrit sur certains sites à propos du régime cétogène)

  • Le pays d’origine du pays du régime. En l’occurrence ce régime est né aux Etats-Unis. On n’adhère pas à un régime parce qu’il vient des Etats-Unis et on ne le refuse pas pour la même raison. Ce genre d’apriori entrave la capacité de juger de manière pertinente et invalide de fait le résultat de la réflexion.
  • Le fait que l’on commence à peine à en parler en France dans le cadre de la minceur, des cancers, des maladies neuro dégénératives. Cela n’en fait pas un régime à la mode. C’est qu’il fait parti de l’actualité de la recherche médicale. Il me  paraît à ce titre intéressant de souligner aux personnes qui découvrent cette manière de s’alimenter que les familles d’enfants épileptiques réfractaires aux traitements le connaissent depuis longtemps. Sur ce point, le régime cétogène à une histoire quasi centenaire! Des hôpitaux français « travaillent » avec.
  • L’emploi du terme « régime » n’est pas un critère de discréditation Toute façon de s’alimenter constitue un régime alimentaire. La diabolisation du terme « régime » signifiant pour beaucoup nourriture insipide et sans saveur en petite quantité, difficilement compatible avec une alimentation quotidienne, est certainement à l’origine de cette phobie du terme. Nous suivons tous un régime alimentaire,  qu’il soit dominé par la  culture, la raison, l’ascétisme ou l’hédonisme, conceptualisé ou pas, qu’il soit bon ou mauvais. Ainsi lorsqu’on aborde une manière de se nourrir, l’emploi du terme régime est légitime.
  • Le fait de ne pas « coller » à l’équilibre alimentaire tel qu’il est communément admis : un peu de tout. Ce régime alimentaire ne convient pas à tout le monde et ne peut constituer un régime universel.  Il est contre indiqué dans le cadre de certaines intolérances, est difficile à tenir car nécessite beaucoup de préparations du fait du nombre de composantes des repas. Autant de choses à prendre en compte.

Mieux appréhender un régime alimentaire :

1 – Connaître le régime en question : les détails de sa pratique. Aucun jugement ne devrait être formulé sans connaître en théorie l’aspect pratique de ce régime.  Pour le régime cétogène, les livres suivants : Le régime cétogène contre le cancer, Alzheimer, et s’il y avait un traitement, Le compteur de glucides, Céto cuisine, vous livrent les détails de ce régime : les aliments autorisés, les aliments interdits, la manière de composer ses repas etc. Vous pouvez aussi trouver des ressources qui en traitent sur internet – Attention, je ne parle pas d’articles qui jugent le régime mais d’articles qui détaillent sa pratique. A ce jour, la majorité des ressources sont en langue anglaise.

2 – Comprendre son impact sur l’organisme. Pour cela vous devez vous intéresser aux voies métaboliques à l’œuvre dans l’organisme. Les livres mentionnées ci dessus peuvent vous aider à bien les comprendre, même sans avoir de bagage scientifique. Il y a des sites de vulgarisation, très accessible pour tout un chacun, quel que soit son niveau scientifique.

3 – Connaître dans le même temps, le mécanisme de la prise de poids et/ou la physiopathologie des maladies si vous vous intéressez à ce régime d’un point de vue thérapeutique. Il y a là aussi des sites de vulgarisation, très accessible pour tout un chacun, quel que soit son niveau scientifique.

4 – Pour ceux qui veulent aller plus loin, s’intéresser aux résultats des recherches effectuées sur le régime cétogène.

5 - Voir s’il vous convient, s’il coïncide à vos habitudes de vie, dans le cadre d’un régime minceur. Certains seront plus à même de suivre le régime paléo, d’autres le régime IG, d’autres le régime Atkins et d’autres le régime cétogène… Chacun, avec l’aide d’un professionnel de la santé ou pas, pourra déterminer le régime qui lui convient le plus. Dans le cadre d’un régime cétogène thérapeutique, en revanche, c’est différent. Il s’agit de considérer le régime comme un traitement et donc de le suivre à la lettre pour obtenir les effets voulus.

Dernier point : certains prétendent qu’il y a une manière de s’alimenter naturelle. Par exemple, au titre du régime cétogène, il s’agit d’avancer comme argument que manger trop de gras et très peu de produits sources de sucres n’est pas naturel. Propos très surprenant. La manière de s’alimenter des personnes n’est pas que naturelle mais plutôt culturelle et en parti fonction de ce que l’agriculture et l’industrie agro-alimentaire mettent à notre disposition. Il suffit de se pencher quelques minutes seulement sur l’histoire de l’alimentation avec ses ères bien distinctes, sur les coutumes et croyances de chacun, sur les différentes zones géographiques du monde, pour le mesurer. Notez au passage que la diète cétogène recommande de se nourrir de produits pas ou très peu transformés par l’industrie agro-alimentaire, si on rattache le mot naturel à l’emploi de matières premières, non transformées.

 

Commentaire

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Par Domm | le jeudi 22 juin 2017
Qui consulter

J ai besoin d aide pour continuer mon regime et ne connais pas de diététicien dans le cher ou aux alentours.
Avez vous possibilité de me conseiller

à propos de l'auteur

Mes débuts : des études universitaires en philosophie. Au terme de ce parcours, j’aurais dû embrasser la carrière d’un enseignant en philosophie. Mais avide de liberté, j’ai opté pour le journalisme.

J’ai commencé à écrire des articles pour la presse féminine, passion qui ne m’a pas quittée. Après de multiples écrits dans les thèmes santé, beauté, culture, voyage, nutrition, psychologie, j’ai pris la sage décision de me recentrer sur ma passion : l’alimentation et les avantages qu’elle procure sur la santé, la ligne, la beauté et surtout pour les 3 moments de bonheur qu’elle suscite dans la journée.

Afin de maîtriser mon propos, j’ai entrepris des études de diététicienne et j’ai acquis une expertise de la science du corps humain, de celle des aliments et des techniques culinaires. Toujours à la recherche de nouvelles découvertes diététiques, Je me nourris de littérature scientifique sur le sujet.

En plus des écrits, dont Le guide de la chirurgie de l’obésité, Céto cuisine et Compteur de glucides, parus aux éditions Thierry Souccar, je suis diététicienne en cabinet libéral. Mon intime conviction : quelles que soient les contraintes alimentaires que nous avons parfois à subir, « manger diet, c’est manger bon » !

Voulez-vous en savoir un brin de plus? Je suis accro aux voyages qui m’amènent à plus de 10h de vol de chez moi et c’est aussi difficile de me sortir d’une boutique de thé, que de chez mon chausseur préféré, d’un musée d’art moderne ou de la librairie du coin !

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