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Par Julien Venesson

Dormir la lumière allumée la nuit fait grossir

Si l’alimentation et la sédentarité sont les principaux facteurs connus pour favoriser l’obésité, d’autres paramètres liés au mode de vie jouent un rôle. Par exemple, le manque de sommeil favorise les kilos en trop. Beaucoup d’entre nous dorment dans un environnement où persiste un éclairage de nuit : ainsi, en ville, l’éclairage public ou les enseignes […]

Si l’alimentation et la sédentarité sont les principaux facteurs connus pour favoriser l’obésité, d’autres paramètres liés au mode de vie jouent un rôle. Par exemple, le manque de sommeil favorise les kilos en trop. Beaucoup d’entre nous dorment dans un environnement où persiste un éclairage de nuit : ainsi, en ville, l’éclairage public ou les enseignes lumineuses éclairent parfois les chambres à coucher. La lumière artificielle est parfois présente à l’intérieur du logement la nuit, à cause de lampes ou d’écrans qui restent allumés.

Dans une recherche parue dans JAMA Internal Medicine, des scientifiques du National Institute of Health (NIH) ont étudié 43.722 femmes âgées de 35 à 74 ans, provenant de 50 États des États-Unis et de Porto Rico (1). Elles ont répondu à des questionnaires sur leurs habitudes de sommeil et leur poids. Étaient exclues de l’analyse les femmes qui travaillaient en équipe (et risquaient donc de travailler de nuit), dormaient le jour, les femmes enceintes, et celles qui avaient des antécédents de cancer ou de trouble cardiovasculaire quand l’étude a commencé. Le suivi a duré plus de cinq ans.

Dans cette population, 17,9 % des femmes dormaient dans le noir complet, 39,6 % avaient une petite lumière de type veilleuse, 30,8 % devaient supporter la lumière venant de l’extérieur et 11,7 % dormaient avec une lumière artificielle, lampe ou télévision.

La lumière artificielle la nuit est un facteur de risque de surpoids et d’obésité

L’étude montre que, chez ces femmes, la lumière artificielle la nuit est associée à une prise de poids. Les femmes qui dormaient avec une lampe ou la télévision allumée avaient 17 % de risque supplémentaire de grossir de 5 kg sur la période de suivi. Elles avaient aussi plus de risque de devenir obèse ou de développer un surpoids ! L’influence d’une lumière extérieure était plus modeste et la présence d’une veilleuse dans la chambre à coucher ne semblait pas avoir d’effet.

Par conséquent, dormir dans le noir complet permettrait de réduire son risque d’obésité et de surpoids. Dans un communiqué du NIH, Chandra Jackson, une des auteurs de cette recherche, a expliqué « Les humains sont génétiquement adaptés à un environnement naturel comprenant la lumière du Soleil pendant la journée et l’obscurité la nuit. »Elle ajoute : « L’exposition nocturne à la lumière artificielle peut modifier les hormones et d’autres processus biologiques, ce qui augmente le risque de problèmes de santé tels que l’obésité. »

Les effets de la pollution lumineuse

La présence de l’éclairage artificiel la nuit perturbe la sécrétion de la mélatonine par la glande pinéale et notre cycle circadien « jour-nuit » car l’exposition à la lumière diminue le taux de mélatonine.

Au cours des dernières décennies, la pollution lumineuse a beaucoup progressé. En plus de gêner les animaux nocturnes, la lumière artificielle perturbe le sommeil des habitants. En 2018, une étude sud-coréenne avait montré que les personnes qui vivent dans des zones où la pollution lumineuse est importante risquent plus de prendre des somnifères (2). L’exposition à la lumière bleue des écrans (smartphones, ordinateurs, tablettes…) influence aussi la sécrétion de mélatonine et le sommeil (3).

Références   [ + ]

1. Park et al. Association of Exposure to Artificial Light at Night While Sleeping With Risk of Obesity in Women. JAMA Internal Medicine. 2019.
2. Min et Min. Outdoor Artificial Nighttime Light and Use of Hypnotic Medications in Older Adults: A Population-Based Cohort Study. Journal of Clinical Sleep Medicine. 2018.
3. Chellappa et al. Acute exposure to evening blue-enriched light impacts onhuman sleep. J Sleep Res. 2013.

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