Douleurs

Les trigger points, de Kennedy à nos jours

Les trigger points, de Kennedy à nos jours

La thérapie des douleurs myofasciales par les trigger points a été mise au point par deux médecins américains, les Drs Travell et Simons. Comment étaient traités les trigger points à l’époque de Kennedy et comment ce traitement a-t-il évolué jusqu’à nos jours. Quand la petite histoire rencontre la grande.

C’est au Dr Janet Travell (1901-1997) que l’on doit la conceptualisation des douleurs référées dues à la présence de trigger points dans les muscles et les premiers traitements incluant une thérapie des trigger points. Le 26 mai 1955, le Dr Janet Travell, connue alors comme l’une des meilleures spécialistes mondiales de la douleur, reçoit un patient peu ordinaire : le sénateur John F. Kennedy. Il lui apparaît « fatigué et découragé », ne « bouge qu’avec précaution » et « semble anémié sous son teint hâlé ». John F. Kennedy a alors déjà un dossier médical bien chargé et vient d’être opéré du dos. On sait aujourd’hui que John F. Kennedy a souffert toute sa vie d’une maladie auto-immune d’origine génétique, ayant pour conséquence des douleurs très fortes, en particulier au dos et aux genoux. Maladie doublée d’une déminéralisation précoce des os. En 1955, la santé du futur président des Etats-Unis est au plus bas : au Sénat, ses béquilles sont aussi connues que lui.

Comme il est de coutume à l’époque, le Dr Travell propose à son patient quelque peu récalcitrant, d’initier un nouveau traitement à l’hôpital. Parmi les différents analgésiques et médicaments hormonaux qu’elle lui prescrit figure un traitement particulier : des injections de procaïne. La procaïne, un anesthésique local très utilisé à cette époque, est injectée par le Dr Travell directement dans les trigger points de son illustre patient. Cette méthode de traitement des trigger points, tout comme l’autre préconisée par le Dr Travell dans son ouvrage de référence écrit avec le Dr Simons (étirement associé à l’utilisation d’un spray réfrigérant), est très efficace. En trois mois, le sénateur Kennedy a vu sa douleur diminuer comme jamais auparavant et a pu reprendre le chemin du Sénat et planifier sereinement sa course à la présidence.

Vers une plus grande autonomie des patients

S'ils sont très efficaces, les deux traitements dont on vient de parler demandent néanmoins l’intervention d’un thérapeute. Or, les spécialistes des trigger points ne sont pas légion. En plus, il n’est pas aisé d’en avoir un sous la main au bon moment. Depuis Kennedy, la recherche médicale a progressé et montre désormais que le massage des trigger points est aussi efficace que les thérapies préconisées par Travell et Simons. L’automassage des trigger points fonctionne selon trois principes : il met un terme au cercle vicieux de neurofeedback chimique qui maintient la contraction musculaire ; il améliore la circulation sanguine diminuée du fait des tissus tendus ; il étire directement les fibres musculaires nouées par des trigger points.

Pour Clair et Amber Davies, les auteurs de Soulagez vos douleurs par les trigger points, voici les nombreux avantages des automassages : « Grâce à l’automassage, vous bénéficiez de traitements quotidiens aussi souvent que vous le souhaitez et où que vous soyez — sans besoin de prendre rendez-vous, d’acheter un équipement onéreux ou de libérer du temps sur vos horaires de travail ».

Pour la petite histoire, une fois élu président, John F. Kennedy intronisera le Dr Travell, la pionnière des trigger points, comme médecin officiel de la Maison Blanche, fonction qu’elle occupera le temps du mandat de Kennedy et de celui de son successeur Lyndon B. Johnson.

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