Un corps sans douleur

Les trigger points, qu'est-ce que c'est ?

Les trigger points, qu'est-ce que c'est ?

Dans son best-seller Un corps sans douleur, Christophe Carrio a introduit auprès du public français une notion importante : les trigger points. Ces petites zones compactes nichées dans les muscles sont responsables d'une réponse inflammatoire et de douleurs. Que sont ces points ? Comment les reconnaître ? Comment les désactiver ? Christophe Carrio vous dit ce qu'il faut savoir.

Les trigger points sont des nœuds ou des bandes dures qui se forment au sein des fibres musculaires et qui peuvent être clairement identifiés lorsqu’on les recherche manuellement ou lorsqu’on se fait masser. Tout le monde possède des trigger points, même les bébés et les enfants. Les Drs Travell et Simmons ont identifié plusieurs formes de trigger points :

  • les trigger points actifs
  • les trigger points passifs ou latents
  • les trigger points primaires

Tous les trigger points sont associés à un dysfonctionnement mais seuls les trigger points actifs sont associés à des douleurs à distance encore appelées douleurs référées.
Les trigger points primaires et secondaires peuvent être actifs ou passifs.

Les trigger points actifs

Vraiment douloureux à la palpation, les trigger points actifs sont associés à une douleur existante et à d’autres dysfonctionnements. Ils peuvent varier en irritabilité d’heure en heure et de jour en jour. Les douleurs résultantes et leurs prolongations dans le temps dépendent uniquement de l’irritabilité du ou des trigger points impliqués et non de leur grosseur ou de la dimension des muscles affectés. Un trigger point actif peut devenir passif (latent) grâce au repos ou à une thérapie adéquate. Mais il n’en est pas moins indésirable.
Les trigger points actifs se développent lorsque les capacités des muscles sont dépassées ce qui peut être le cas lorsqu’on sollicite brutalement ses muscles sans les avoir échauffés, lorsqu’ils sont fatigués (position assise, pratique sportive trop longue ou intensive, jardinage, déménagement…) ou lorsqu’ils sont blessés.

Les trigger points passifs

Moins douloureux à la palpation que les actifs, les trigger points passifs sont associés à des restrictions de mouvement mineures et n’occasionnent pas de douleurs conscientes mais, simplement, une faiblesse et une fatigue dans la région des muscles concernés. C’est une des raisons pour lesquelles ils passent inaperçus au quotidien. Cependant il suffit de se faire masser pour qu’on les ressente. Ainsi, lorsque l’on vous masse les épaules sans que vous ayez de douleur consciente, vous ressentez des points, des nœuds ou des bandes douloureuses qui sont aussi ressentis sous les doigts de votre masseur.
Les trigger points passifs peuvent facilement passer à un état actif à la suite d’un étirement excessif ou trop prolongé ou d’un traumatisme.

Les trigger points primaires

Ils résultent d’une blessure physique ou d’une irritation locale causée par un déplacement vertébral ou articulaire mineur. Un trigger point primaire, en entraînant des douleurs, augmente le stress dans un autre muscle et produit un ou plusieurs trigger points secondaires dans le même muscle ou dans d’autres muscles appartenant à la même chaîne myofasciale.

Les trigger points secondaires

Ils se développent à cause des douleurs référées par un trigger point actif. Des muscles fatigués ou en mauvaise forme sont très disposés aux blessures et au développement ou à l’activation de trigger points.

Nos mauvaises postures quotidiennes favorisent la création de trigger points. Prenons l’exemple d’une personne qui a un travail de bureau. On estime à 6h30 le temps passé assis sur les 8 h en moyenne de travail quotidien. Lorsqu’ils sont assis, la majorité des individus ont les épaules tournées vers l’avant avec les bras fléchis. Cette position favorise une tension permanente des muscles de la poitrine, des biceps, des fibres supérieures des trapèzes, des muscles devant le cou ainsi que du grand dorsal (le muscle qui fait un dos en V). Les muscles antagonistes (notamment les muscles du haut du dos entre les omoplates, ceux au niveau des cervicales,
certains muscles derrière les épaules ainsi que ceux placés le long de la colonne vertébrale) sont donc simultanément en position d’étirement et de légères contractions afin d’éviter que nous ne nous effondrions complètement. Des trigger points se forment. Comme la tension et l’étirement des muscles de votre dos nécessaires au maintien de votre mauvaise posture occasionnent une grande perte d’énergie, votre organisme remplace une partie de ces muscles par des « sangles » inélastiques qui n’occasionnent pas de dépense d’énergie inutile. Ces sangles inélastiques diminuent l’amplitude de mouvement des articulations modifiant encore les déséquilibres musculaires et les compensations.

Comment reconnaître un trigger point ?

Une des caractéristiques principales des trigger points est qu’ils sont durs au toucher, ce qui ne signifie pas pour autant que toutes les zones dures ou tendues de la musculature sont des trigger points.
Si une zone du muscle est juste dure ou tendue mais ne présente aucune autre caractéristique des trigger points alors cette zone est juste tendue car congestionnée à cause d’une contracture ischémique. Cette ischémie résultant d’une mauvaise circulation locale, ou d’une énorme quantité d’adhérences sur une zone particulière de stress musculaire.
Les trigger points sont des zones ultracompactes ou des bandes hypercontractées nodulaires au sein du muscle et sont palpables. Ils seront toujours ressentis comme des petits pois, des pois chiches ou des morceaux de spaghettis non cuits. Ils déclenchent toujours une douleur à distance. La douleur lorsqu’on les stimule ressemble à une brûlure d’intensité et de radiation croissantes. Certaines personnes décrivent également une sensation de grosse piqûre avec irradiation électrique autour.

Comment désactiver ou lutter contre les trigger points ?

En s’automassant avec un bâton de massage, une balle de tennis, les doigts, etc.

Une fois ces points localisés comment agir ?

  • Protocole Carrio Training System 1 : effectuer un maintien statique de 5 secondes, puis relâcher de 50 % de votre pression pendant 5 secondes, puis recommencer ainsi pendant 50 à 60 secondes (6 compressions).
  • Protocole Carrio Training System 2 : effectuer un maintien statique de 5 secondes, puis relâcher de 50 % la pression, puis faire suivre par un automassage très lent de la zone en passant 4 à 8 fois (selon la vitesse) doucement sur le trigger point.

Le facteur le plus important est que le trigger point se relâche. Si ce n’est pas le cas cela peut signifier que la pression exercée est trop forte, relâchez-la. Si la tension du trigger point diminue, essayez simplement de maintenir la pression ou le micromassage quelques secondes plus. Si la tension stagne voire remonte, n’insistez pas et allez masser une autre zone. Gardez en tête que vous ne pourrez pas désactiver un trigger point actif en une séance d’automassage. Il faudra donc réitérer l’opération plusieurs fois par jour si vous le pouvez. L’important étant la fréquence plus que l’intensité de l’automassage. Restez patient et progressif dans votre approche.

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