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Dépendance à la nicotine ou à la cigarette ?

Dépendance à la nicotine ou à la cigarette ?

La nicotine est-elle réellement une substance addictive ? N'est-ce pas plutôt l'ensemble des substances présentes dans la cigarette qui rend "accro" ? C'est la conclusion du Dr O'Hare, auteur de Je ne veux plus fumer après avoir examiné les données scientifiques sur la dépendance à la cigarette. Voici ce qu'il faut retenir.

C’est bien davantage la cigarette au complet qui rend dépendant que la nicotine seule qui est assez peu inductive de dépendance comparativement aux autres drogues addictives. La plupart de ces substances stimulent le nucleus accumbens qui est une partie du cerveau qui sécrète la dopamine. Cette sécrétion est relayée par l’acétylcholine. Toujours elle et toujours son imposteur, la nicotine.

Voici quelques faits avérés qu’il est essentiel de connaître :
- S’il est facile d’obtenir que des animaux s’administrent eux-mêmes de la cocaïne ou d’autres opiacés (ils deviennent accros), c’est pratiquement impossible avec la nicotine.
- Lorsqu’on a isolé une molécule active de plantes utilisées par les toxicomanes, cocaïne, morphine, tétrahydrocannabinol, alcool des boissons fermentées, il s’en est toujours trouvé pour expérimenter le nouveau produit et en devenir dépendant en particulier en période de pénurie. La nicotine est présente en vente libre dans de nombreux pays sous forme d’insecticide, très peu chère, elle n’a jamais été utilisée comme produit de substitution.
- La nicotine pharmaceutique, les gommes, les timbres, les cigarettes électroniques et les pulvérisateurs ont montré une efficacité très modérée pour aider au sevrage de cigarettes. En moyenne seulement 6,75 % des fumeurs qui y ont eu recours sont abstinents après six mois. (Et pourtant la majorité des études ont été financées par les fabricants de ces produits).

De nombreuses hypothèses ont été avancées, toutes complexes. Il semblerait que ce soit l’association d’autres produits présents dans le tabac qui favorise la dépendance, mais l’utilisation de la respiration comme vecteur la favorise également. Il est clair que la cigarette (et les autres moyens de dispenser la nicotine) est addictive, qu’importe le mécanisme. Rien ne justifie, au plan physiologique, d’entretenir cette dépendance au moyen de substituts.
La nicotine est un neurotoxique qui tue ses utilisateurs par ses propres effets stressogènes et par son association à 4000 substances cancérigènes ou toxiques présentes dans chaque cigarette.

Quel est le contenu en nicotine d’une cigarette ?

Les indications figurant sur le côté du paquet n’aident pas à répondre à cette question. Une fois de plus la législation a été faite pour favoriser les cigarettiers. Pour la science, et pour la santé, deux choses sont importantes : les quantités de substances présentes dans la cigarette au départ, et les quantités qui seront absorbées par le fumeur. Les indications sur les paquets ne concernent ni l’un ni l’autre. Elles se réfèrent à des « machines à fumer », qui miment très mal le comportement réel des fumeurs.
En réalité, il y a entre 6 et 17 mg de nicotine dans une cigarette. Heureusement, tout ne se retrouve pas dans le corps du fumeur. C’est tout de même entre 1 et 2 mg qui sont absorbés lors de la consommation de chaque cigarette.
Les différences entre les cigarettes et les formes « légères » sont assez faibles en termes de nicotine. Mais il ne faut pas croire que celles qui ont un goût de tabac moins prononcé sont moins dangereuses. Au contraire, des types de cancer liés spécifiquement à la consommation de cigarettes légères ont été mis en évidence. Des études montrent que beaucoup de fumeurs compensent la légèreté du tabac en tirant plus fort sur leur cigarette, et qu’ils ont tendance à comprimer les espaces de ventilation situés autour du filtre avec leurs doigts.
Le fait de pouvoir indiquer par exemple 0,8 mg de nicotine sur le paquet alors que chaque cigarette en contient dix fois plus induit les consommateurs en erreur. Une telle pratique serait sans doute interdite si les cigarettes étaient considérées comme des médicaments ou comme des produits alimentaires. Mais une réglementation spécifique, favorable à l’industrie, a été mise au point il y a plusieurs années dans la plupart des pays.

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