Interview

Passer au sans gluten: « Un mieux-être immédiat »

Passer au sans gluten: « Un mieux-être immédiat »

Dans cet entretien, Brigitte Delaye, auteure de Comment passer au sans gluten revient sur ce que ce changement alimentaire a eu comme conséquences positives au niveau de la santé de son mari et de la sienne mais aussi en termes de découvertes culinaires et diététiques.

Vous êtes passée à l'alimentation sans gluten pour soulager divers maux de votre mari. Combien de temps lui a-t-il fallu pour constater une amélioration de son état de santé ?
 
Avant ce changement alimentaire, mon mari était dans une situation de santé critique et souffrait d'un très gros problème inflammatoire. Après deux semaines d'alimentation sans gluten, il a pu constater déjà de grosses améliorations. En environ 6 semaines ses plus gros soucis avaient disparu. Et pour son asthme et ses douleurs osseuses qui n'étaient pas visés à la base par ce « traitement » alimentaire, il a fallu quelques mois.
 

Qu'avez-vous constaté chez vous, qui n'êtes pas malade mais qui avez suivi votre mari ?

J'ai tout d'abord ressenti quasi immédiatement un mieux-être digestif : moins de ballonnements, de lourdeurs après les repas, des signes que je croyais normaux jusque-là. Sur le long terme j'ai constaté que j'avais plus d'énergie qu'avant, plus d'envie de faire des choses. Et j'ai perdu aussi un peu de poids, sans que ce soit le but : environ 6 kg, jamais repris ensuite.
 

Vous avez commencé par éliminer le gluten puis les laitages, pourquoi ?

Je suis allergique à beaucoup de choses : pollen, chat, poussières... Mes symptômes avaient un peu diminué en passant au sans gluten et en me renseignant un peu, j'ai vu que beaucoup de personnes voyaient leurs allergies réduites au silence par une alimentation sans lait. J'ai donc supprimé le lait et, miracle, 95% de mes allergies se sont atténuées. A la saison des pollens, mes rhinites allergiques sont désormais très légères et je peux à nouveau côtoyer des chats sans problème.
Je vois que dès que je fais des écarts, les symptômes reviennent. C'est un peu comme si l'arrêt du gluten et du lait permettait à mon système immunitaire d'être plus performant contre les allergies.
 

Dans votre livre vous insistez sur le fait qu'il vaut mieux prendre son temps pour passer au sans gluten, combien de temps cela vous a pris à vous ?

En fait, mon mari était arrivé à un tel point de souffrance qu'on est passé radicalement au sans gluten, cela n'a pris que quelques jours, le temps de vider les placards et chercher où il y avait du gluten et ce qu'il fallait supprimer. Il a mangé des légumes et de la viande grillée en attendant que je puisse trouver des solutions pour le reste. Mais je ne conseille pas un changement brusque sauf si on est dans l'urgence de la maladie (maladie cœliaque par exemple). Si on passe au sans gluten pour un plus grand confort personnel ou des douleurs, on peut prendre le temps. Je donne des conseils pour les deux cas de figure dans le livre.
 

Qu'est-ce qui a été le plus difficile dans ce changement ?

Cela a été plus dur pour mon mari que pour moi car c'est un grand amateur de pain et de pâtisseries. Mais dans la mesure où il a rapidement constaté les bienfaits de cette alimentation, le plaisir d'aller mieux a supplanté celui de manger ces aliments-là. Et puis, assez rapidement, j'ai trouvé comment réaliser des alternatives sans gluten donc cela n'a plus représenté de problème. Après ce qui est difficile c'est de trouver des stratégies par rapport aux autres, collègues, famille, amis, afin de garder une vie sociale. C'est pour cela que je donne des astuces dans mon livre sur ce sujet.
 
Quel conseil auriez-vous aimé recevoir quand vous avez commencé?
 
J'aurais aimé qu'on m'aide à traquer le gluten. Pour les céréales c'est facile mais pour le reste j'aurais eu besoin qu'on m'aide à décrypter les étiquettes, à traduire les additifs et autres mots bizarres présents sur les emballages.
 

Auriez-vous des conseils pour les personnes qui ne cuisinent pas ?

Ce qui est difficile quand on ne cuisine pas c'est qu'il faut se rabattre sur les produits industriels sans gluten. Or il faut absolument éviter ces derniers sur une base régulière, car à part ceux de quelques fabricants qui font attention, ils représentent de véritables aberrations diététiques avec, pour remplacer le gluten plein de sucre, de graisse et d’additifs en tout genre. Si le but du sans gluten est de se débarrasser de problèmes de santé ce n'est pas avec ce type de produit qu'on peut y arriver. Mais il n'y a pas besoin de savoir cuisiner pour se préparer des repas sans gluten. Faire griller une viande et cuire des légumes à la vapeur est à la portée de tout le monde. Par ailleurs il existe maintenant plein de recettes sans gluten qu'il suffit de suivre à la lettre. J'essaie pour ma part de donner des recettes simples, sans ingrédient compliqué, en me mettant à la place de personnes peu expérimentées en cuisine ou qui mangent des plats simples au quotidien. Mais le plaisir de manger étant fondamental pour mon mari comme pour moi-même, ma cuisine reflète aussi l’importance de se régaler.
 

Pourquoi donnez-vous aussi des conseils nutritionnels plus généraux dans votre ouvrage ?

Ma mère a toujours fait attention à l'alimentation et dans sa lignée, j'ai toujours eu une alimentation saine, même avant de passer au sans gluten : une majorité de végétaux dans l'assiette, des produits plutôt bio ou locaux, etc. En arrêtant le gluten, je me suis vraiment rendu compte du pouvoir de l'alimentation et cela m'a confortée dans cette démarche et j'ai cherché encore plus d'informations, sur des sites spécialisés et fiables, dans des livres ou en me rendant à des conférences : sur le calcium en arrêtant les laitages (minéral qu'on trouve dans beaucoup de végétaux et de graines), sur les graisses (il y en a de meilleures que d'autres), sur le sucre, le sel, etc. C'est le fruit de ces recherches que j'applique au quotidien et que je donne à mes lecteurs.
 

L'aliment que vous avez découvert ainsi et dont vous ne pourriez plus vous passer ?

Il y en a plusieurs mais celui qui me vient spontanément c'est le gomasio, un mélange de graines de sésame et de sel. Je le fais moi-même et j'y ajoute au gré de mes envies des algues, des graines de lin, du curcuma, ce qui en fait un assaisonnement pratique qu'on peut mettre dans de nombreux plats. Il est particulièrement utile pour donner un aspect croustillant aux gratins réalisés sans fromage.
 
Propos recueillis par Priscille Tremblais.
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