Idée reçue

Cancer du sein : « après une mammographie de dépistage, on est tranquille pour deux ans ». Vrai ou faux ?

Cancer du sein : « après une mammographie de dépistage, on est tranquille pour deux ans ». Vrai ou faux ?

Dans Mammo ou pas Mammo ? la Dre Cécile Bour, radiologue, répond aux questions posées par ses patientes pour informer toutes les femmes sur l'intérêt réel du dépistage systématique du cancer du sein. Dans cet extrait, elle explique pourquoi la mammographie n'est pas un examen prédictif et quels sont les signes d'alerte et le mode de vie protecteur.

La mammographie n’est pas un examen prédictif : le fait que le médecin ne voie aucune image pathologique le jour J ne préjuge en rien de ce qui va advenir – y compris dans un futur proche. De plus, il ne faut pas que cet examen jugé « normal » soit rassurant au point de décourager une femme de consulter si elle découvre un signe d’alerte dans les jours, les semaines, les mois qui suivent.
Il arrive, après une mammographie dite « normale », qu’une femme, en s’examinant, découvre un symptôme nouveau et alarmant, mais décide de ne pas consulter, car elle est convaincue que dans les deux ans suivant une mammographie normale rien de grave ne peut arriver. Or, la mammographie n’est qu’une photo instantanée, une sorte de « selfie » radiographique qui vous informe qu’au moment de l’examen il n’y a rien, ou plus exactement qu’il n’y a rien de visible.
 

Dépistage et prévention ne sont pas synonymes !

Malheureusement la confusion entre les deux est totale et elle est entretenue, entre autres, par les campagnes d’Octobre Rose qui répandent le mythe selon lequel la mammographie de dépistage serait un examen préventif. Cette confusion est d’autant plus grande que les deux termes « prévention » et « dépistage » sont fréquemment juxtaposés, comme c’est le cas sur la page d’accueil du site de l’Institut national du cancer (https://cancersdusein.e-cancer.fr).
Ainsi, dans l’esprit de beaucoup de femmes, la meilleure façon de venir à bout du cancer du sein serait de le dépister par mammographie.
Il s’agit là d’un abus de langage assez répandu qui induit en erreur. Il est faux de dire que le dépistage du cancer du sein est une forme de prévention.
Les mammographies de dépistage répétées n’ont pas le pouvoir d’empêcher l’existence ou la survenue d’un cancer, quel qu’il soit (de bon ou mauvais pronostic, à croissance lente ou rapide, invasif ou non invasif ).
 

Les signes qui doivent vous inciter à consulter

Les signes listés ci-dessous ne sont pas typiques du cancer ; ils peuvent également évoquer des maladies bénignes du sein. Ils doivent néanmoins vous motiver à consulter. Une mammographie de diagnostic pourra alors vous être prescrite.
  • Modification de l’arrondi, de la forme générale du sein (irrégularités, déformations…).
  • Rétraction du mamelon.
  • Lésion croûteuse du mamelon.
  • Bosse ou tuméfaction d’apparition récente, surtout si elle est peu mobile à la palpation.
  • Méplat, c’est-à-dire zone plus plane du sein, qui en rompt l’arrondi, ou même une zone de rétraction.
  • Écoulement sanglant.
  • Rougeur inexpliquée.
  • Grosseur dans l’aisselle, persistante ou dont le volume augmente
  • « Peau d’orange » avec apparition dans la zone concernée de « capitons », de petites boursouflures perceptibles entre deux doigts.
  • Plaie sur la peau, due à un cancer ulcérant.
  • Gonflement et durcissement du sein entier.
  • Masse palpable en profondeur, survenue sans déformation extérieure visible.
 

Conseils de prévention

Pour prévenir le cancer du sein, voici ce qu’il conviendrait de faire…
  • Limiter au strict nécessaire les scanners thoraciques et les mammographies, c’est-à-dire l’exposition de la poitrine aux rayonnements X.
  • N’effectuer ces examens irradiants que lorsque la situation clinique nécessite un approfondissement pour établir un diagnostic. Cela vaut notamment pour la femme jeune (avant la cinquantaine, période où le sein est particulièrement sensible au rayonnement) et pour la femme prédisposée génétiquement ou à risque familial de cancer du sein.
  • Diminuer sa consommation d’alcool, sachant qu’au-delà de 3-4 verres par jour le risque est augmenté de 32 %.
  • Diminuer sa consommation de tabac, même si aucun lien direct n’est rigoureusement établi.
  • Se protéger en cas d’exposition à des produits chimiques toxiques (pesticides, par exemple) sur son lieu de travail.
  • Aménager, si possible, ses horaires de travail (pour éviter le travail de nuit).

Pour en savoir plus, lire Mammo ou pas mammo ? 

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Par James Hale | le vendredi 07 octobre 2022
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