Complément alimentaire

Le pycnogénol, qu'est-ce que c'est ?

Le pycnogénol, qu'est-ce que c'est ?

Considéré comme un complément alimentaire antioxydant, le pycnogenol® semble bénéfique pour beaucoup de maladies. Est-il pour autant une panacée ? Zoom sur cet extrait d'écorce de pin maritime avec les auteurs du Guide des compléments antioxydants.

Le terme « pycnogénol » est utilisé pour désigner les procyanidines de l’écorce de pin et c’est aussi une marque déposée dans plusieurs pays. Le Pycnogénol® est ainsi un extrait breveté d’écorce du pin maritime. Il est standardisé à 70 % de proanthocyanidines ou oligoproanthocyanidines (OPC), une classe de flavonoïdes (antioxydants) que l’on trouve dans un grand nombre de végétaux, dont le raisin.
Ces produits sont très voisins sur le plan chimique des extraits de pépins de raisin. Les experts s’entendent pour dire qu’ils possèdent les mêmes propriétés, mais les deux substances ont fait l’objet d’essais cliniques différents et sont traités séparément pour leurs effets sur la santé.
La recherche scientifique a montré que le Pycnogénol® exerce des effets bénéfiques notamment sur la santé cardiovasculaire, la circulation veineuse, les allergies, qu’il aide à prévenir certaines complications du diabète et à protéger la peau des dommages provoqués par les rayons ultraviolets du soleil.

Les actions du pycnogénol en détail

Les propriétés présumées du pycnogénol sont si nombreuses que l’on pourrait se demander s’il ne s’agit pas d’un remède de charlatan. Soyons clairs : les effets bénéfiques présumés du pycnogénol ne sont sans doute pas infondés, seulement ils n’ont pas été encore rigoureusement prouvés. D’après l’état des connaissances actuelles sur les effets des procyanidines, voici les bénéfices présumés pour lesquels il serait intéressant d’avoir de meilleures preuves :

  • Diminution de la tension artérielle et amélioration de la fonction endothéliale chez les patients souffrant d’hypertension
  • Diminution du risque de cardiopathies
  • Prévention de la formation de caillots sanguins et de thromboses veineuses profondes (ou « syndrome de la classe économique »)
  • Protection contre les maladies oculaires liées à l’âge et la perte de la vue

Voici les quelques autres propriétés avancées pour lequel il y a encore peu de preuves mais dont on ne peut exclure les éventuels effets bénéfiques :

  • Prévention de la maladie d’Alzheimer, amélioration de la mémoire
  • Diminution du risque de cancer
  • Effet anti-inflammatoire
  • Diminution des symptômes de l’arthrite
  • Effets bénéfiques sur l’asthme et la bronchite chronique
  • Réduction des douleurs menstruelles et des symptômes de l’endométriose et de la ménopause
  • Amélioration de l’état de la peau, traitement contre le psoriasis, prévention des rides

Mais alors, pourquoi le pycnogénol n’est-il pas plus utilisé en médecine ? Il semblerait que Horphag Research, le laboratoire qui commercialise le Pycnogénol®, hésite à faire des essais cliniques en double aveugle et à grande échelle pour en savoir plus sur son mode d’action. Ce type d’étude est habituellement réalisé par des compagnies pharmaceutiques. Ni le patient, ni le médecin ne savent qui reçoit le médicament actif ou le placebo inactif. De tels essais sont menés sur une durée déterminée pouvant s’étaler sur plusieurs mois ou plusieurs années, en fonction de la maladie et du médicament concernés. À la fin de l’étude, les patients dont l’état ou les symptômes se sont améliorés grâce au médicament sont dénombrés pour déterminer si l’effet bénéfique est significatif comparé à celui du placebo. De telles études peuvent concerner plusieurs milliers de personnes, dans le but d’observer si l’effet est réel et non aléatoire. En effet, certains patients peuvent éprouver une amélioration progressive de leurs symptômes en l’absence de tout traitement. Il est également nécessaire de tester différentes posologies afin de trouver celle dont le rapport bénéfices/risques est le meilleur.
Les fournisseurs de plantes médicinales et d’autres thérapies complémentaires hésitent souvent à réaliser ce type d’essais cliniques et ce, pour deux raisons : leur coût, généralement prohibitif pour de petites entreprises, et le risque encouru, qui est d’obtenir des résultats montrant que le traitement n’est pas efficace. Dans ce cas, la compagnie ne pourrait plus le préconiser pour l’ensemble des maladies sur lesquelles elle pense qu’il pourrait avoir un effet bénéfique. Cependant, en cas de succès, le produit pourrait devenir un médicament à part entière et être délivré sur ordonnance, ce qui modifierait considérablement sa valeur commerciale. C’est pourquoi, au vu des preuves recueillies par Horphag, il est surprenant que la compagnie n’ait pas décidé de prévoir au moins un essai clinique à grande échelle.

L’activité antioxydante des procyanidines

Les effets bénéfiques du pycnogénol sont attribués à l’activité antioxydante des procyanidines.
Au cours des dix dernières années, il a été démontré que les procyanidines avaient sur la fonction vasculaire certains effets non liés à une activité antioxydante. De plus, il a été démontré que des procyanidines d’origine différente interagissaient positivement avec les plaquettes (petites cellules sanguines qui, si elles deviennent trop collantes, déclenchent la formation de caillots sanguins pouvant provoquer une thrombose). Il s’agit là d’un effet protecteur important contre les maladies cardiovasculaires. En fait, un brevet américain (5 720 956) a été décerné pour cette action du pycnogénol. Ce pourrait être l’une des principales utilisations des procyanidines (quelle que soit leur origine) et la meilleure occasion pour qu’un essai clinique à grande échelle vienne tester pleinement la puissance du pycnogénol.

À quelle dose le prendre ?

Dose usuelle : 30 à 200 mg d’extrait d’écorce de pin maritime par jour.

  • Pour les troubles de la ménopause et les douleurs menstruelles : 60 mg par jour le matin d’un extrait standardisé en OPC.
  • Insuffisance veineuse : prendre 150 mg à 300 mg par jour d’un extrait standardisé en OPC.
  • Arthrose : prendre 100 mg à 150 mg par jour d’un extrait standardisé en OPC.
  • Comme antioxydant pour entretenir les défenses antioxydantes : prendre 50 mg par jour d’un extrait standardisé en OPC.

Quelles sont les précautions d’emploi ?

Des doses importantes de flavonoïdes sont à éviter chez les femmes enceintes et celles qui allaitent, les enfants, les personnes qui prennent des médicaments anticoagulants ou qui souffrent d’hypotension (pression artérielle faible).
Cependant, aucun effet secondaire n’a, à ce jour, été rapporté.

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