Interview

« Le Zéro Déchet, le Zéro plastique c’est moins de maladies et plus d’économies »

« Le Zéro Déchet, le Zéro plastique c’est moins de maladies et plus d’économies »

En passant au Zéro Déchet, Aline Gubri, l'auteure de Zéro plastique, zéro toxique a réalisé combien le plastique et les produits industriels sont omniprésents au quotidien… et qu’en s’en passant on pouvait améliorer sa santé tout en faisant des économies.

Qu’est-ce qui t’a poussée à devenir Zéro Déchet ? 

J’ai toujours été tournée vers l’environnement par mon éducation. Je me pensais vraiment écolo. Et il y a 3 ans je suis tombée sur un article sur le Zéro Déchet qui expliquait qu’on pouvait ne pas produire de déchets ou très peu. Au début je n’y croyais pas, puis j’ai commencé à me renseigner sur le sujet. Lorsque j’ai regardé ma poubelle, je me suis dit « Mes actions ne sont pas du tout accord avec mes valeurs ». À partir de ce moment-là, j’ai commencé à réduire mes déchets petit à petit. Je ne pensais pas aller jusqu’à un vrai mode de vie Zéro Déchet, mais je me suis prise au jeu et me suis rendu compte que c’était beaucoup plus simple que ce qu’on pense. 
 

Justement, cela n’a pas été trop dur de changer tes habitudes ? 

Pas vraiment, quand, comme moi, on fait la transition petit à petit. 1 an de transition c’est quand même beaucoup et c’est suffisant. J’ai été à mon rythme, et ce que je n’avais pas envie de faire je ne le faisais pas. C’est d’ailleurs le conseil que je donne le plus souvent : si ça vous amuse de le faire faites-le, mais si vous trouvez ça pénible, vous n’êtes pas obligé. Le but est de faire sa part et comme dit Bénédicte Moret dans la préface de mon livre :« Ce n’est pas parce qu’on ne peut pas tout faire qu’il ne faut rien faire. » Faisons chacun notre petite part. 
 

Par où as-tu commencé ? 

Quand mes cosmétiques se sont finis, au lieu de racheter mes produits habituels, j’ai réalisé mes propres cosmétiques en réutilisant les pots vides. Le premier produit que j’ai fait a été le dentifrice. J’ai cherché des recettes sur Internet, mais il y a 3 ans il y en avait moins qu’aujourd’hui et c’était des recettes très compliquées avec des produits un peu chers qu’on ne trouve pas dans notre cuisine. J’ai testé mais je n’ai pas du tout approuvé. J’ai donc essayé plusieurs recettes jusqu’à ce que j’en trouve une qui me convienne tant en termes d’ingrédients, que de temps de préparation et de goût. Pour les autres recettes, pareil, j’ai testé différentes recettes, et quand je voyais que c’était trop compliqué, ou avec des ingrédients trop chers et trop « spécifiques », j’ai simplifié au maximum. Après les cosmétiques, je suis passée aux produits ménagers, qui sont ultrasimples à faire. On peut résumer le mode d’emploi en une phrase: « remplacer tous les produits par du vinaigre blanc et de l’eau ! ». Pour moi cela a été une super bonne surprise, avec un gain de temps énorme et des économies.
 

Quel changement a été le plus difficile à réaliser ? 

Le plus dur c’est de continuer la démarche en voyage, car on ne sait pas quel commerce est disponible, comment se passe le recyclage dans la ville où l’on se trouve. Il n’y a pas forcément de boutique sans emballage partout. C’est dans ce moment-là que je m’autorise des écarts. Mais quand je pars je prends toujours mes couverts réutilisables et mes boîtes. 
Mais après au niveau des courses c’est toujours un peu compliqué. C’est le seul moment où le Zéro Déchet est une contrainte.
 

Quels bénéfices as-tu tirés de ce nouveau mode de vie ?

D’abord de substantielles économies : en achetant d’occasion et en fabriquant moi-même des produits du quotidien, j’ai réduit de 30 % mon budget mensuel. De quoi me permettre financièrement, même en étant étudiante, plus de loisirs et surtout une alimentation plus saine et biologique. Ensuite, et surtout, en bannissant le plastique et les produits industriels de ma vie courante, j’ai réalisé combien ils sont omniprésents au quotidien. J’ai aussi remarqué une amélioration de mes capacités olfactives et l’apparition moins fréquente de rhumes en hiver.
 

Ton livre s’appelle Zéro plastique, zéro toxique, ta démarche ne te conduit donc pas uniquement à réduire les déchets ?

Comme je le dis dans mon livre, chaque jour, nous sommes exposés à notre insu, à des dizaines de polluants toxiques pour notre santé. Les scandales du bisphénol A dans les biberons et des parabènes dans les cosmétiques ne sont que la partie émergée de l’iceberg. Cosmétiques, produits ménagers, aliments, matériel de cuisine, meubles, jouets… Une foultitude de produits de consommation courante peut être contaminée par des substances toxiques. Par certains choix de consommation, nous augmentons chaque jour sans le savoir notre risque d’être un jour touché par des problèmes d’infertilité, de voir nos capacités cérébrales s’altérer, de développer un cancer, ou encore de transmettre des maladies graves à nos enfants. Avec mon livre, mes recettes, mes astuces j’essaie de montrer qu’une autre voie est possible, sans se compliquer la vie.
 
Propos recueillis par Marie-Charlotte Rivet Bonjean
 
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