Interview

Mal de dos, tendinites, reflux, fibromyalgie, douleurs : et si c'était vraiment psychosomatique ?

Mal de dos, tendinites, reflux, fibromyalgie, douleurs : et si c'était vraiment psychosomatique ?

Le Pr John Sarno a guéri des milliers de patients, sans médicaments, sans chirurgie, sans massages. Dans Le meilleur anti-douleur c’est votre cerveau, il explique que dans de très nombreux cas, le cerveau crée la douleur pour nous détourner de nos conflits internes, et il donne la méthode pour ne plus souffrir.

Selon vous, ce sont une rage intérieure et une colère refoulée qui sont responsables du mal de dos, et pas des anomalies physiques.

Pr John Sarno : L’inconscient a été décrit par certains auteurs comme une « prison de haute sécurité » où le cerveau réprime les sentiments indésirables ou dangereux. Il devient de plus en plus évident que le cerveau génère des symptômes, des douleurs, pour nous distraire et faire en sorte que la rage intérieure ne puisse pas s’exprimer.
L’une des raisons pour lesquelles j’ai conclu que nous sommes tous porteurs d’une rage intérieure est l’existence d’états physiques équivalents au mal de dos, servant le même but psychologique. Je parle ici du reflux gastro-œsophagien, du syndrome du côlon irritable, des maux de têtes, des allergies (rhume des foins et asthme en particulier), des maladies de peau comme l’eczéma. Toutes ces affections servent le même but : focaliser l’attention sur le corps. Bien sûr, dans un petit nombre de cas, il y a des causes biologiques qu'il faut traiter, mais ce n'est pas la majorité.

Pourquoi le cerveau nous ferait-il souffrir physiquement ?

Il fait cela pour vous protéger. Vous protéger de la rage inconsciente et des autres sentiments négatifs que vous pouvez avoir. La raison pour laquelle des émotions venues de l’enfance peuvent s’exprimer à l’âge adulte par des symptômes physiques est que l’inconscient n’a pas de notion du temps. En d’autres termes, des choses qui nous sont arrivées à l’âge de 8 ou 10 ans, sont encore là à 40, 50, 70 ou 90 ans si elles sont puissantes sur le plan émotionnel.

Ne serait-il pas possible quand même que des stress physiques ou des dommages au niveau des nerfs et des tendons jouent un rôle ? Vous savez comme lorsqu'on dort dans une mauvaise position et qu'on se lève avec la nuque endolorie ?

Non. Je vais vous expliquer comment cela fonctionne. Le cerveau utilise souvent un incident, une fragilité physique comme une bonne opportunité de déclencher la douleur, ce que j’appelle le syndrome de tension musculaire (STM). Mais tout au long de ma carrière je n’ai jamais pu trouver de preuve qu'il existait de vrais dommages physiques dans les zones utilisées par le cerveau pour déclencher un STM. Le cerveau a pour priorité de ne pas faire sortir les émotions réprimées, il agit en douce, en utilisant une situation favorable, pour introduire les symptômes.

De quels symptômes s’agit-il ?

De douleurs essentiellement, de raideur aussi, d’engourdissement, de picotement, de faiblesse musculaire… il existe des dizaines de symptômes, tous assez effrayants. Si un patient constate ces symptômes et qu’un médecin lui fait passer une IRM et y détecte des anomalies physiques, ce qui est le cas pour environ 30% des IRM (que les personnes se plaignent de douleurs ou non), alors le médecin prescrira un traitement conventionnel, voire une chirurgie. Mais les symptômes continueront à s’exprimer, puisque le bon diagnostic n’aura pas été posé.

C’est vrai pour toutes les douleurs ?

Oui, pour la plupart. Un bon exemple est le coup du lapin. Il résulte en général d'une collision arrière avec une autre voiture. Il y a plusieurs années maintenant, la Norvège a fait face à une sorte d'épidémie de coups du lapin. Les médecins ne parvenaient pas à comprendre pourquoi autant de Norvégiens étaient handicapés par des coups du lapin. A tel point qu'ils se sont demandé si ce n'était pas dû simplement à la bonne couverture santé de leur pays qui pouvaient générer des abus. Ils se sont donc rendus en Lituanie pour y réaliser une étude contrôlée. Ils ont collecté des données concernant 212 personnes ayant été impliquées dans des accidents de voiture avec collision arrière et sur 212 Lituaniens sans accident. Résultat : aucun coup du lapin à déplorer en Lituanie. En Norvège, c'était l'épidémie, en Lituanie : 0 cas. Les médecins en ont conclu que les coups du lapin norvégiens avaient à voir avec la bonne couverture maladie de ce pays. Mais en réalité ce n'est pas de ça qu'il s'agit. Les Norvégiens présentant un coup du lapin avaient en réalité un syndrome de tension musculaire (STM). Les problèmes corps-esprit comme le STM se répandent comme des épidémies lorsqu'ils ne sont pas correctement diagnostiqués.

Que recommandez-vous ? D’analyser nos sources de stress et d’émotions négatives ?

Avant tout, la personnalité est déterminante : les personnes qui s’imposent d’être parfaites, d’être toujours bonnes sont plus sujettes au STM que les autres. Après il peut être bon aussi de réfléchir aux stress quotidiens auxquels on est soumis. Si votre enfance n’a pas été la plus heureuse, cela peut également jouer. En restant ouvert à l’idée que le cerveau produit ces symptômes pour détourner notre attention de notre colère refoulée et en étant conscient de nos différents stress, il est possible d’aller mieux.

Concrètement, comment gérer ces stress ? En faisant de la relaxation ?

Non, je ne recommande aucune thérapie physique car ce n’est pas un problème physique. Ma seule recommandation, et je n’aime pas l’énoncer car elle sonne trop comme de l’autopromotion, c’est de lire mes livres. Dans "Le meilleur anti-douleur c’est votre cerveau" par exemple, il y a tout ce qu’il y a à savoir sur la psychologie et sur mon protocole de traitement.

Votre protocole accompagne-t-il les patients pas à pas vers la guérison ?

Exactement. J’ai eu l’idée de ce protocole suite au courrier d’un lecteur de mon premier livre à qui il avait suffit de lire mes explications pour aller mieux. Il m’a envoyé le programme qu’il avait concocté pour lui suite à cette lecture. Je l’ai intégré dans Le meilleur anti-douleur c’est votre cerveau et cela m’a poussé à m’améliorer et à construire un protocole thérapeutique que tout le monde peut suivre.

Avez-vous souffert de maux de dos dans votre vie ?

Bien sûr. Et pas seulement de maux de dos mais aussi de plusieurs autres symptômes de STM. C’est la raison pour laquelle d’ailleurs ce syndrome m’a semblé si évident dès que je me suis penché sérieusement dessus. Mais parce que je sais ce qui se cache derrière ce syndrome, ces symptômes ne m’ont jamais handicapé. C’est le secret : connaissance, connaissance, connaissance. C’est le traitement : le savoir est la pénicilline du STM.
 

Commentaires

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Par Genygene | le jeudi 19 novembre 2015
psychosomatique ?

Bonsoir
Oui c'est parfois le cas mais vous généralisez presque!
Pourquoi?
Mon frère est au bord de partir à cause de çà donc çà me révolte !
De grâce cessez de tout mettre sur le compte du psychosomatique (tiens comme tique)
Oui la maladie de Lyme fait errer les gens pendant des années dans des souffrances physiques et morales abominables et pour cause: comme 'c'est dans la tête" on a rien!
Et bien SI justement, si mais il est trop tard quand "on" commence à l'admettre, on est fichu!
Alors s'il vous plaît nous connaissons un "minimum" notre corps et quand nous disons quelque chose d'important soyez à l'écoute et stop aux anti dépresseurs et autres!
Cherchez la cause avant! C'est inacceptable et qui plus est nous nous retrouvons devant une maladie non reconnue chroniquement et pas d'argent pour se soigner.
Le top du top !
Merci
Bien cordialement
Mme Andréotti pour ne pas me nommer car je n'ai RIEN à cacher

Par Genygene | le jeudi 19 novembre 2015
RE psychosomatique ?

Ceci dit:
Bravo pour ce livre et ce que vous faîtes par rapport aux vraies douleurs psychosomatiques car elles existent aussi bien entendu !
Merci pour votre écoute.
Mme Andréotti