Interview

Thierry Souccar : «Contre la grippe, il ne faut pas manquer de vitamine D»

Thierry Souccar : «Contre la grippe, il ne faut pas manquer de vitamine D»

Dans son livre Prévenir et guérir la grippe, Thierry Souccar propose de nouvelles pistes pour comprendre ces virus et un programme nutritionnel pour les combattre. Entretien.

D’où vous est venue l’idée de ce livre ?

Des demandes répétées de mes amis et de mon entourage, au printemps, sur les moyens naturels de prévenir la grippe. On entend beaucoup parler d’hygiène, de vaccination, de médicaments, mais étrangement peu du fait que l’immunité dépend beaucoup du statut nutritionnel, mais aussi des hormones, de l’état de stress et de repos. Le statut nutritionnel module véritablement l'immunité. Il y a même des aliments comme l'ail qui sont des tueurs de virus. C’est ainsi que peu à peu le livre a pris forme. Une partie du livre présente un régime alimentaire et des protocoles à base de compléments alimentaires pour mieux se défendre.

Ces dernières années, vous aviez privilégié l’investigation scientifique. C’est donc une manière de renouer avec la prise en charge nutritionnelle.

Au nom de la science, Santé, mensonges et propagande ou Lait, mensonges et propagande, sont effectivement des livres d’investigation scientifique. Mais Prévenir et guérir la grippe aussi, en tous cas pour la première moitié du livre. Il n’était pas question de proposer des pistes pour l’immunité sans entrer dans l’intimité des virus de la grippe, leurs origines, leur mode d’action et de propagation. J’ai donc mené l’enquête sur le virus. La deuxième moitié du livre propose des pistes concrètes pour se prémunir et se soigner. C’est donc un livre hybride, à la manière du Programme de longue vie, écrit avec mon ami Jean-Paul Curtay !

Mais que peut-on dire de plus que les spécialistes des maladies infectieuses ?

Quand on porte un regard neuf sur un domaine comme celui-là, des choses sautent aux yeux. Ces virus ne sont pas des « accidents de la nature » mais une création humaine, le prix que nous devons payer aux pratiques d’élevage actuelles et surtout aux élevages industriels. Les élevages industriels sont les laboratoires où se fabriquent les virus de demain. Tant que nous continuerons à élever des animaux dans le seul but d’assurer notre jambon quotidien ou nos nuggets de poulet, nous devrons en supporter les conséquences sociales, médicales et financières sous la forme d’épidémies.

Pourquoi la grippe est-elle saisonnière ?

La prise en charge de la maladie par les médecins est excellente, mais personne ne sait pourquoi la grippe est saisonnière, pourquoi on est malade en hiver, et pas en été. Aucune des explications actuelles ne tient la route. C'est une hypothèse, mais nous sommes nombreux à penser que la vitamine D explique en partie la saisonnalité de la grippe. Selon ce modèle, il n’y a pas plus de virus en hiver, mais nous sommes plus vulnérables parce que nous n’avons plus assez de ces substances qui stimulent l’immunité comme la vitamine D. Nous avons aussi moins de composés protecteurs issus des végétaux comme la vitamine C et les polyphénols. 

Qu’avez-vous trouvé d’autre ?

La grippe ne semble pas si contagieuse que ça. Elle l’est moins que le rhume. L’idée que ce sont les malades qui infectent les bien-portants et que c’est ainsi que la maladie se transmet n’a jamais été prouvée. Je cite dans mon livre des études menées en 1918 au plus fort de la grippe « espagnole » au cours desquelles des médecins ont essayé d’infecter des bien-portants en leur inoculant des sécrétions et des crachats de malades. Ils n’y sont pas parvenus. Il y a un mode de contagion qui nous reste inconnu. Ce sont peut-être des porteurs sains qui assurent la transmission du virus, pas seulement en hiver, mais toute l’année.

Vous faites-vous vacciner contre la grippe saisonnière ?

Non, car j’ai examiné dans mon livre l’ensemble des études sur ces vaccins : contrairement à d'autres vaccins comme le ROR qui ont prouvé leur efficacité, celui contre la grippe est peu efficace chez les adultes, aussi bien sur l’absentéisme des salariés que sur les complications et la mortalité des plus âgés. Ceci est dû au fait que le virus mute assez facilement, et que le système immunitaire répond moins bien au fur et à mesure qu'on vieillit. Mais je comprends que certains choisissent de se faire vacciner. Le vaccin anti-grippal semble plus intéressant chez l'enfant.

Que faites-vous donc à titre personnel contre les grippes ?

Je prends le soleil aux beaux jours, notamment à la mi-journée pendant 15 à 30 minutes, visage couvert, pour faire des réserves de vitamine D. A partir d’octobre et jusqu’en mars-avril, je prends un supplément de vitamine D de l'ordre de 1000 UI/j. Je suis aussi le régime que je préconise dans mon livre, pour augmenter les apports en certaines substances qui aident le corps à lutter contre les virus. C’est un régime agréable à suivre, avec des végétaux et des aromates. Je fais aussi de l’exercice : c’est très bon pour l’immunité.

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