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Dites à votre médecin que le cholestérol est innocent, il vous soignera sans médicament
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Un médecin et chercheur français, de renommée internationale pour ses travaux sur les maladies cardiovasculaires, analyse la théorie du cholestérol et montre qu'elle ne repose pas sur des fondements scientifiques et médicaux solides.
Les maladies cardiovasculaires accablent les sociétés occidentales depuis 50 ans ; elles représentent aujourd’hui près de 35 % des décès en France et beaucoup plus dans d’autres pays. Le cholestérol étant considéré comme le principal accusé, voilà près de 50 ans qu’on lui mène une guerre sans répit à tel point qu’aujourd’hui une terrible angoisse s’abat sur celui ou celle qui découvre qu’il a un taux de cholestérol élevé.
Or la théorie selon laquelle il vaut mieux avoir un cholestérol le plus bas possible pour éviter de mourir d’une maladie cardiovasculaire ne repose sur rien. Et Michel de Lorgeril le démontre de manière rigoureuse. « Abaisser son taux de cholestérol n’apporte aucune garantie de diminuer son risque de mourir d'une crise cardiaque ou d’avoir une meilleure espérance de vie », dit-il.
Dans ces conditions, rien ne justifie que des millions de Français consomment à longueur d’année des médicaments anti-cholestérol. Car cette obsession du cholestérol conduit également à un problème économique : en même temps qu’elle génère des profits considérables pour l’industrie pharmaceutique, elle induit des coûts astronomiques pour l’Assurance maladie.
Si on veut vraiment se protéger des maladies cardiovasculaires, il est urgent de s’intéresser aux facteurs de risque majeurs que sont les mauvaises habitudes alimentaires, la sédentarité et le tabagisme. Le cholestérol, lui, n’est qu’un facteur secondaire.
Sommaire
AVANT-PROPOS
INTRODUCTION
1ère Partie : POURQUOI LE CHOLESTEROL EST INNOCENT
1- Non, le cholestérol ne provoque pas l'infarctus
2- Du doute à la critique : itinéraire d'un chercheur
3- Non, le cholestérol ne bouche pas les artères
4- Des béquilles antioxydante et inflammatoire
5- L’insoutenable légèreté de l'épidémiologie
6- Abaisser son choléstérol n'empêche pas de mourir du coeur
7- Oui, le cholestérol est indispensable
8- N'ayez pas peur du cholestérol alimentaire
9- Les régimes anticholestérol classiques sont dangereux
2ème Partie : LE PROBLEME DES STATINES
10- De l'étonnement à la colère : la révolte d'un médecin
11- Le monde selon statines
12- Les statines protègent-elles les artères ?
13- Les statines sont toxiques pour les muscles?
14- Tout est bon chez les statines ?
15- Faut-il donner des statines aux hypertendus ?
16- Faut-il donner des statines aux seniors ?
17- Faut-il donner des statines aux diabétiques ?
18- Faut-il donner des statines pour empêcher les récidives ?
19- Oui, l'hypercholestérolémie bénigne ça existe
20- Hypercholestérolémie maligne : un trouble rare
21- Il n'y a pas de bon et de mauvais cholestérol
22- Faut-il donner des statines dans les formes accélérées d'athéroclérose ?
23- Comment prévenir la mort subite ?
24- Bonus
3ème Partie : MES CONSEILS POUR PREVENIR LES MALADIES CARDIOVASCULAIRES
25- Mes suggestions pour protéger son coeur
26- Comment naissent les idées fausses
27- Conclusions et recommandations
BIBLIOGRAPHIE
INDEX POUR LES PROFESSIONNELS
L'auteur
Michel de Lorgeril : "L’importance du cholestérol sur le risque de décès prématuré a été surévaluée"
Michel de Lorgeril est cardiologue, nutritionniste et chercheur au CNRS et à la faculté de Grenoble. Il répond ici aux questions de Nutrinews, bulletin mensuel d'actualités nutritionnelles (n°175).
Beaucoup de Français sont inquiets de leur taux de cholestérol, suivent des régimes, achètent des produits qui se vantent de le diminuer, prennent des médicaments… En tant que cardiologue, pensez-vous que cette mobilisation est justifiée ?
Dr Michel de Lorgeril : Le cholestérol est l’objet d’un intérêt presque obsessionnel de la part d’une fraction importante de la population, et même de la part de nombreux médecins mal informés. S'il est évident que c'est une source de profits considérables pour certaines industries pharmaceutiques et de l’agroalimentaire, il pose un problème social, car il entraîne des coûts astronomiques pour l’assurance maladie. Il est donc important de se demander si ces divers investissements sont justifiés ! Une des manières de répondre est d’analyser la relation entre cholestérol, mortalité et espérance de vie. On se rend compte alors que l’importance du cholestérol sur le risque de décès prématuré ou sur l’espérance de vie a été considérablement surévaluée…
Il est pourtant couramment admis qu’il faut faire baisser son taux de cholestérol…
Pour de nombreux paramètres de l’organisme (comme la fréquence cardiaque, la pression artérielle, etc…), on peut définir des valeurs moyennes au-delà ou en deçà desquelles la mortalité tend à augmenter. L’augmentation du risque est en général plus progressive du côté des valeurs hautes, et plus brutale (avec un risque mortel atteint plus vite) du côté des valeurs basses. Tout cela est vrai pour l’hémoglobine, les globules rouges, le fer sérique, les phosphatases alcalines, et bien d’autres paramètres. Mais aussi pour le cholestérol, qui je le rappelle, est nécessaire à la vie. L’affirmation selon laquelle plus le cholestérol est bas, mieux c’est pour la santé et l’espérance de vie, ne relève en revanche d’aucune rationalité biologique ou physiologique. Le postulat selon lequel il faut à tout prix diminuer notre cholestérol pour protéger notre santé et améliorer notre espérance de vie est tout simplement faux ! Avoir un cholestérol naturellement bas ou artificiellement abaissé par les régimes et/ou les moyens médicamenteux n’est en soi absolument pas une garantie de bénéficier d’un bonus sur le plan de l’espérance de vie.
Pourquoi alors cette idée que nous n’avons que des bénéfices à attendre de la diminution de notre cholestérol ?
Il n’est pas facile de retracer la genèse d’une telle illusion. Tout en ayant des résultats souvent ambigus, de nombreux essais cliniques portant sur des régimes ou des traitements médicamenteux ont contribué sans doute à la créer. Il y a aussi le problème de l’indépendance des investigateurs vis-à-vis des financeurs des essais : même s’il est important, laissons-le de côté et supposons que les essais sont parfaits. Reste alors une idée principale : pour de nombreux experts en cholestérol et leurs relais médiatiques, le principal avantage d’avoir ou d’obtenir un cholestérol bas est de protéger contre les maladies cardiovasculaires. Or, on sait que ces maladies sont souvent fatales : la mortalité liée à l’infarctus du myocarde est d’environ 50 %. La mortalité par maladie cardiovasculaire est la première cause de décès dans nos pays : elle représente environ 35 % de la mortalité totale en France, et beaucoup plus dans d’autres pays. Une stratégie de prévention de ces affections cardiovasculaires devrait donc être efficace d’abord sur la mortalité et secondairement sur leurs complications non mortelles…
Quelles sont les causes des décès liés aux maladies cardiovasculaires ?
Les statistiques officielles du ministère de la santé des Etats-Unis, portant sur près de 720 000 personnes de plus de 35 ans décédées du coeur en 2002, montrent que 65 % de ces décès sont dus à une mort subite (et 75 % même chez les 35-55 ans). Tous ces décès, survenus hors de l’hôpital ou aux urgences (avant tout transfert en unité de cardiologie) concernent des personnes ayant présenté des symptômes thoraciques évoquant l’infarctus du myocarde.
Ces morts subites cardiaques sont-elles en rapport avec le cholestérol ? Et le taux de cholestérol pourrait-il les prédire ?
Les études épidémiologiques réalisées jusqu’à présent suggèrent dans leur majorité que le cholestérol n’est pas associé au risque de mort subite cardiaque. A l’inverse, le diabète et le tabac semblent être des facteurs prédictifs de façon quasi constante. La mort subite cardiaque semble due à une arythmie ventriculaire maligne, favorisée par les altérations métaboliques, neurologiques et myocardiques liées au tabagisme et au diabète. Le cholestérol, qui ne semble pas jouer de rôle, ne serait donc pour rien dans 65 à 75 % des décès cardiaques !
Les médicaments contre le cholestérol seraient donc inefficaces contre ces morts subites ?
Curieusement, la plupart des essais cliniques ne donnent pas d’information sur la mort subite cardiaque. Les essais de prévention par des traitements anti-cholestérol ne semblent pas avoir d’effet sur le risque de mortalité toute cause (constitué en fait principalement par le risque de mort subite cardiaque). Les essais les plus récents, portant sur les molécules anti-cholestérol les plus efficaces (les statines), ne donnent pas de résultats sur la mort subite cardiaque. Et l’on peut penser qu’ils ne manqueraient pas de les proclamer s’ils étaient favorables ! Dans une société où le marketing est roi, l’absence de marketing est presque un aveu d’échec… Etant donné l’importance de la mort subite cardiaque dans les décès dus aux maladies cardiovasculaires, on peut, là encore, se demander si les statines ont un effet sur la mortalité toute cause. Les essais récents montrent un effet soit non significatif, soit très faible. La diminution du cholestérol n’a pas d’effet sur la mortalité toute cause ni chez les femmes, ni chez les hommes en prévention primaire, ni chez les plus de 70 ans des deux sexes…
Il y a pourtant une efficacité de ces traitements anti-cholestérol ?
On peut l’imaginer dans des groupes particuliers de patients : après un infarctus, ou chez des hommes jeunes avec un cholestérol élevé, chez des diabétiques avec un cholestérol élevé, chez les personnes qui ont une hypercholestérolémie familiale maligne… Dans ces groupes, les médicaments pourraient avoir un effet sur la mortalité, mais probablement pas sur le risque de mort subite cardiaque, ou alors de façon très modeste… Les traitements anti-cholestérol sont remarquablement efficaces (au moins en apparence) contre les complications non fatales de l’infarctus, mais n’ont pas d’effet sur la mortalité, alors que les maladies cardiovasculaires, je le répète, sont mortelles dans 50 % des cas ! Il faudrait pouvoir expliquer ce paradoxe. Ce qui n’a pas empêché certains de proposer de mettre des statines dans les eaux de boisson ou dans les laits maternisés…
Quel message donneriez-vous à ceux qui sont inquiets pour leur coeur ?
Je tiens à leur faire part de deux certitudes. Premièrement, rien ne justifie que 6 millions de Français consomment à longueur d’année des médicaments anti-cholestérol dans l’espoir d’améliorer leur espérance de vie : ce comportement ne s’appuie sur aucune preuve scientifique. Deuxièmement, si l’on veut vraiment les protéger des maladies cardiovasculaires et de leur principal risque, la mort subite cardiaque, d'autres méthodes que la diminution du cholestérol sont plus efficaces, sans danger et peu onéreuses.
Extrait
Une énorme surcharge anxieuse s’attache au cholestérol, une molécule pourtant insignifiante. Quand j’écris insignifiante je ne veux pas dire qu’elle n’a pas de rôle biologique, au contraire elle est très importante dans la vie des cellules et la physiologie de certains organes. Mais le cholestérol n’a certainement pas le rôle considérable qu’on lui attribue dans les maladies cardiovasculaires, et abaisser son taux dans le sang n’a sûrement pas l’importance que lui donnent les industriels du médicament, des margarines et leurs alliés des mondes universitaires et médicaux.
De la même façon que j’aurais voulu rentrer dans le roman de Buzzati et aider Drogo [...], je voudrais aider ces millions de personnes qui, parasitées par une angoisse considérable et inutile, font quotidiennement une guerre désespérée et futile à un cholestérol qui est tout sauf un ennemi.
[...]
Il est possible que dans certaines circonstances cliniques très particulières, un traitement par statines puisse être utile ou qu’un médicament particulier (statine ou autre) puisse chez certains patients avoir des effets favorables. Je ne me permettrai pas d’être péremptoire à ce propos. Ce que l’on peut toutefois rejeter, c’est le postulat que pour chacun d’entre nous le cholestérol doit être le plus bas possible pour assurer notre santé présente et future ; et qu’il faille traiter des millions de personnes en France (des dizaines de millions aux Etats-Unis) avec des médicaments pour atteindre ce but.
Ce que je peux enfin affirmer c’est que l’actuel cholestérol delirium contribue à détourner le public, les patients, les médecins, et les pouvoirs publics des véritables problèmes de santé que nous devons affronter à l’aube de ce nouveau siècle et qui concernent avant tout notre mode de vie et donc nos conditions d’existence.
La presse en parle
"Les statines (principaux médicaments anticholestérol) occupent le deuxième rang des dépenses pharmaceutiques (980 millions d'euros en 2006) [...]. Est-ce justifié ? "Non", affirme avec force le docteur Michel de Lorgeril. Ce cardiologue et chercheur au département des sciences de la vie du CNRS publie cette semaine un ouvrage dont le titre, provocateur, résume le propos : Dites à votre médecin que le cholestérol est innocent, il vous soignera sans médicament. Connu pour ses travaux sur les bienfaits du "régime méditerranéen", ce médecin dresse un véritable réquisitoire contre la "course folle" à la baisse du taux de cholestérol."
Sandrine Blanchard, Le Monde, 13 juin.
L'article de Sandrine Blanchard n'a pas tardé à trouver un écho dans le monde scientifique. Ainsi plusieurs sociétés savantes ont réagi en publiant un communiqué de presse. Nous vous les donnons ici in extenso suivis de la réponse de Michel de Lorgeril et le communiqué de presse de notre maison d'édition :
Les réactions
Société Française de cardiologie, le 13 juin 2007 :
" Dans son édition datée du 13 juin, le quotidien Le Monde rapporte les propos du Docteur de Lorgeril, à l'occasion de la parution de son livre dont le propos est"d'innocenter" le cholestérol dans la genèse des maladies cardio-vasculaires.Ces propos méritent d'être relevés car leur publication dans un organe de presse sérieuxrisque d'apporter du crédit à des théories scientifiquement fantaisistes.
La Société Française de Cardiologie rappelle que l'hypercholestérolémie (taux élevés de cholestérol sanguin) est un des principaux facteurs de risque d'infarctus du myocarde. Elle insiste en outre sur la très grande quantité de preuves scientifiques formelles qui ont montré que l'utilisation des statines (médicaments anti-cholestérol) permet de réduire le risque d'infarctus et de décès, chez les patients cardiaques et ceux à haut risque cardiovasculaire.
Il est donc particulièrement important que ces patients n'interrompent pas un traitement dont les bénéfices sont prouvés.
Enfin, c'est l'occasion de rappeler que le traitement par statines doit s'intégrer dans un
ensemble de mesures d'hygiène de vie : exercice physique, régime, arrêt du tabagisme
chez les fumeurs, également indispensables pour réduire le risque d'accidents
cardio-vasculaires."
Les entreprises du médicaments (LEEM), le 15 juin 2006 :
"Information Presse sur la controverse cholestérol *
1. Rappel des faits
Les maladies cardiovasculaires sont aujourd'hui la première cause de mortalité dans les pays développés. En France, elles tuent chaque année près de 180 000 personnes.
L'excès de cholestérol dans le sang, et plus spécifiquement, de « mauvais cholestérol » (LDL) a été identifié comme l'un des principaux facteurs de risque coronarien.
Habituellement, toute quantité excessive de cholestérol qui ne peut être utilisée par l'organisme est éliminée par le foie. Dans certains cas, en raison d'un mode de vie inapproprié (tabagisme, sédentarité, mauvaise alimentation..) ou d'une maladie héréditaire, l'organisme n'est pas en mesure d'éliminer le cholestérol en excès. Il s'accumule alors dans le sang, se dépose sur les parois artérielles et provoque à terme des accidents cardiovasculaires.
Ce processus, appelé athérosclérose a été largement décrit par les équipes de chercheurs et de médecins du monde entier, et ceci a conduit à la découverte, vers la fin des années 1980, d'une classe de médicaments particuliers, les statines, qui non seulement permettent de faire baisser le « mauvais » cholestérol sanguin mais aussi de prévenir la survenue de complications.
2. Les recommandations médicales
Toutes les recommandations internationales, et notamment les recommandations de l'OMS, incluent la prescription plus ou moins large de statines chez les sujets à risque vasculaire.
Elles se fondent sur des essais cliniques à grande échelle, qui font des statines, l'une des classes thérapeutiques les mieux étudiées :
- l'essai, dit étude HPS, incluant 22000 patients à fort risque d'infarctus du myocarde, relayé par une analyse menée par des équipes anglaises et australiennes indépendantes portant sur plus de 90 000 patients,
- cinq grands essais (Scandinavie, Ecosse, Nouvelle-Zélande...incluant en moyenne chacun 5000 patients) qui sont venus confirmer le bénéfice clinique direct d'une réduction du cholestérol LDL dans la prévention des infarctus du myocarde.
La « bonne » méthode
Ainsi que l'indique la Société française de cardiologie** : « le traitement par statines doit s'intégrer dans un ensemble de mesures d'hygiène de vie afin de réduire le risque d'accidents cardiovasculaires ». Il faut associer l'effort de prévention, c'est-à-dire, une alimentation style « crétois », bouger, ne pas fumer, aux interventions thérapeutiques essentielles.
Les améliorations les plus rapides en matière de santé cardiovasculaire peuvent être obtenues en associant plusieurs médicaments : les statines pour faire diminuer le taux de cholestérol ainsi que de faibles doses d'antihypertenseurs courants et d'aspirine, à prendre quotidiennement par les personnes présentant un risque accru d'accident cardio-cérébrovasculaire. « Cette association médicamenteuse pourrait réduire de plus de la moitié le nombre des décès et des incapacités dus aux maladies cardiovasculaires chez les personnes à risque », affirme le docteur Christopher Murray, Directeur exécutif du groupe Bases factuelles et information à l'appui des politiques, à l'OMS."
* Cf article publié dans le Monde du 13 juin 2007 « Le cholestérol ne bouche pas les artères » par Michel de Lorgeril.
** Société française de cardiologie. 5 rue des Colonnes du Trone - 75012 Paris 01 43 22 33 33
www.sfcardio.fr
Les réponses
Michel de Lorgeril, le 27 juin 2007 :
"LA POLEMIQUE SUR LE CHOLESTEROL ET LES STATINES REBONDIT
Le Dr Michel de Lorgeril, cardiologue, chercheur au CNRS répond à l’industrie pharmaceutique (LEEM), à la Société Française de Cardiologie et quelques autres sociétés savantes.
Le Dr Michel de Lorgeril est l’auteur du livre « Dites à votre médecin que le cholestérol est innocent, il vous soignera sans médicament » paru le 13 juin, dont le journal Le Monde a publié le même jour une interview. Dans son livre et dans son interview, le Dr de Lorgeril, chercheur de renommée internationale remet en cause la « théorie du cholestérol » et la prescription abusive de statines (médicaments anticholestérol). La parution de ce livre a déclenché la publication conjointe de communiqués hostiles de l’industrie du médicament, de la Société française de Cardiologie et d’autres « sociétés savantes expertes dans le domaine de la prévention cardiovasculaire. »
Le Dr de Lorgeril se félicite que soit enfin ouvert le débat sur des points fondamentaux de la médecine contemporaine. Il réfute ici point par point les arguments de l’industrie et des spécialistes du cholestérol :
1. Sur les diagnostics d’hypercholestérolémie ou d’excès de cholestérol
Selon la Fédération de Cardiologie, cosignataire du communiqué de presse, le cholestérol doit être « le plus bas possible » pour minimiser le danger qu’il représente pour notre santé. Dés lors, en l’absence de traitement anticholestérol, nous avons tous du berceau au cercueil un cholestérol trop élevé puisqu’il pourrait toujours être encore plus bas. Nous sommes donc tous hypercholestérolémiques, à moins évidemment d’être traités avec une statine.
De trop nombreux médecins et leurs patients sont aujourd’hui victimes de ce raisonnement absurde. Ce qui explique que 7 à 10 millions de Français ont été ces dernières années traités de façon plus ou moins constante avec ces médicaments, facteur de ruine pour l’Assurance Maladie, et sans aucune justification médicale ou scientifique.
2. Sur « l’efficacité » des statines
La Société française de Cardiologie présente les statines comme des médicaments quasi-miraculeux, capables de « permettre chez les patients les plus à risque de prolonger leur durée de vie ».
Parmi les patients les plus à risque, figurent notamment les seniors, les patients ayant déjà présenté un accident vasculaire cérébral (on dit AVC), ceux ayant survécu à un précédent infarctus et les diabétiques.
Il se trouve que plusieurs études récentes ont mesuré l’efficacité des statines sur la survie dans ces catégories de patients qui bénéficiaient par ailleurs des traitements annexes les plus modernes.
- Les seniors
Chez les personnes de plus de 70 ans, le risque d’attaque cardiaque est multiplié environ par 4 en comparaison avec les personnes de 40 ou 50 ans.
Un seul essai a été conduit chez les seniors (essai PROSPER). Résultats : le « mauvais » cholestérol LDL a baissé de 34%. Aucune baisse du risque de décès (298 et 306 décès respectivement dans le groupe statine et le groupe témoin). Donc la statine n’a pas « permis aux seniors de prolonger leur vie. »
- Les victimes d’un accident vasculaire cérébral
L’essai SPARCL a été conduit chez des patients ayant présenté un premier AVC (et donc à très haut risque d’en avoir un deuxième). Résultats : réduction de 42% du « méchant » cholestérol et aucun effet sur la mortalité (216 et 211 décès). Donc la statine n’a pas « permis aux victimes d’un AVC de prolonger leur vie. »
- Les victimes d’un infarctus
L’essai IDEAL ciblait cette population. Résultats : 30% de réduction du « vilain » cholestérol et aucun effet sur la mortalité (374 et 366 décès).
Idem pour l’essai MIRACL : 40% de réduction du « vilain » cholestérol et aucun effet sur la mortalité (68 et 64 décès).
Idem pour l’essai TNT : diminution de 35% du cholestérol et aucune baisse de la mortalité (282 et 284 décès).
Idem finalement pour l’essai ALLIANCE avec 34% de réduction du LDL cholestérol et aucun effet sur la mortalité (121 et 127 décès).
Donc les statines n’ont pas « permis aux victimes d’un infarctus de prolonger leur vie. »
- Les diabétiques
Parmi les patients à risque élevé figurent les diabétiques, et surtout les diabétiques qui ont une insuffisance rénale : un seul essai (appelé 4D) a été consacré à ces patients. Résultats : réduction de plus de 40% du « méchant » cholestérol, aucun effet significatif sur le risque de décéder (297 et 320 décès) pendant l’essai.
Donc la statine n’a pas « permis aux diabétiques avec insuffisance rénale (les plus à risque parmi les diabétiques) de prolonger leur vie. »
Conclusion
De cet examen rapide et succinct des effets des statines sur l’espérance de vie de plusieurs catégories de sujets à risque élevé d’attaques cardiaques et d’en mourir, il s’avère que les déclarations péremptoires de l’industrie pharmaceutique, de la Société Française de Cardiologie et des Sociétés Savantes cosignataires sont inexactes.
Au-delà de la question des statines, objet de toutes les obsessions de ces experts, l’analyse de ces chiffres indique que des réductions drastiques du cholestérol n’ont pas eu d’effet bénéfique majeur et qu’en conséquence c’est bien toute la « théorie du cholestérol » qui doit être aujourd’hui remise en question.
En outre, la seule conclusion que des observateurs impartiaux pourraient tirer de cet échange d’idées est que nos éminents experts de la prévention cardiovasculaire non seulement n’ont pas lu le livre du Dr de Lorgeril (où ils auraient trouvé les résultats détaillés de ces essais et d’autres ; et aussi quelques commentaires appropriés) mais ils n’ont pas lu non plus hélas les rapports et articles médicaux et scientifiques originaux derrière lesquels ils s’abritent pour décréter que les théories scientifiques défendues par Michel de Lorgeril seraient « fantaisistes ».
Il est donc particulièrement urgent, et dans l’intérêt bien compris des patients et de leurs médecins traitants, de rouvrir sereinement le débat sur des bases scientifiques avérées telles que celles rapportées, décrites et commentées par Michel de Lorgeril dans son livre."
(1) paru aux Editions Thierry Souccar
Thierry Souccar Editions, le 28 juin 2007 :
"La santé cardiovasculaire des Français aux mains du lobby du cholestérol
Dans son livre publié le 13 juin aux éditions Thierry Souccar - Dites à votre médecin que le cholestérol est innocent - le cardiologue Michel de Lorgeril, chercheur au CNRS, dénonce l’illusion de la « théorie du cholestérol » et la prescription abusive de médicaments hypocholestérolémiants.
Cette publication a déclenché la réaction conjointe et hostile de l’industrie du médicament et des responsables de la Société française de cardiologie et d’autres organismes ou sociétés savantes liés à l’industrie pharmaceutique et à l’industrie agro-alimentaire.
Le Dr Michel de Lorgeril est connu mondialement pour ses travaux pionniers sur les vertus cardioprotectrices du régime méditerranéen. Dans son livre, qu’aucun de ses détracteurs n’a apparemment lu, il montre avec toute la rigueur du scientifique, que le cholestérol est un bouc émissaire à bon compte, qui sert de vecteur à une myriade d’intérêts économiques.
En jeu : les dizaines de millions d’euros que représente le fabuleux marché du cholestérol, son dépistage, son traitement par des médicaments (les fameuses statines), des yaourts, des margarines et même, depuis peu, des biscottes. En 2006, les seules statines ont coûté à l’assurance maladie près d’un milliard d’euros.
La nervosité que viennent de manifester ces groupes d’intérêt est compréhensible, et surtout bienvenue. Elle va permettre d’ouvrir le débat sur la collusion qui existe en France entre experts officiels, sociétés savantes et industriels. Ces liens sont aujourd’hui dissimulés au public. Ils ont pour conséquence une surprescription de médicaments, un déséquilibre des comptes de la santé et surtout, comme l’a montré l’affaire du Vioxx, des souffrances inutiles.
En France, la Société française de Cardiologie, tout comme la Fédération française de cardiologie ou encore la Nouvelle société française d’athérosclérose - qui ont réagi de manière virulente au livre de Michel de Lorgeril - entretient des liens anciens et étroits avec l’industrie pharmaceutique et l’industrie agroalimentaire. Leurs dirigeants connaissent bien le cholestérol, les médicaments qui le font baisser et encore mieux les laboratoires qui les vendent.
Dans un souci d’information, Thierry Souccar Editions publiera prochainement une enquête sur le lobby du cholestérol sous le titre Cholestérol, mensonges et propagande. Ce livre expose notamment la nature des liens qui unissent à l’industrie les organismes se revendiquant de la santé cardiovasculaire, ainsi que celle de leurs dirigeants et des experts des commissions officielles.
Note : Les auteurs des 5 principales études sur les statines (médicaments hypocholestérolémiants), qui servent de base aux recommandations aux Etats-Unis et en France avaient des liens financiers avec les laboratoires fabricants, un fait dissimulé lors de la publication des résultats. Plusieurs analyses récentes ont montré que de tels liens financiers biaisent considérablement les résultats. Des dizaines de chercheurs et médecins américains ont donc demandé aux Instituts nationaux de la santé des Etats-Unis que les études sur les statines soient réévaluées par un comité indépendant. Ces spécialistes estiment que la généralisation du traitement par les statines n’est pas « fondée sur des preuves scientifiques. »"
Les autres articles publiés
"Si le cholestérol n’est pas impliqué dans l’infarctus alors pourquoi lui mener une guerre sans répit depuis 25 ans ? Parce que la "théorie du cholestérol" arrange tout le monde : l'industrie pharmaceutique et l'agrobusiness, les laboratoires d'analyses, les fabricants de kits de mesures, mais aussi les médecins qui peuvent trouver un avantage à cette médecine automatisée ; et enfin les patients auxquels on a fait croire qu'ils seraient ainsi protégés sans faire d'effort. Non seulement le cholestérol est un faux ennemi mais c'est un mauvais avertisseur de l'infarctus. On peut avoir un cholestérol jugé haut et vivre longtemps sans infarctus, de même qu’on peut mourir jeune d'un infarctus en ayant un cholestérol normal. Absurdes également sont les concepts de bon et de mauvais cholestérol. "
Métro, édition du 27 juin 2007
"Un pavé dans la mare"
"« le cholestérol est innocent » : c’est la thèse, révolutionnaire, soutenue par le cardiologue Michel de Lorgeril."
Jasmin, édition du 25 juin 2007
Auteur(s)
Informations pratiques
- Format : 150 x 240 / 320 p.
- Prix : 20€
- ISBN : 978-2-916878-05-8
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