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Dites à votre médecin que le cholestérol est innocent, il vous soignera sans médicament
"Les statines (principaux médicaments anticholestérol) occupent le deuxième rang des dépenses pharmaceutiques (980 millions d'euros en 2006) [...]. Est-ce justifié ? "Non", affirme avec force le docteur Michel de Lorgeril. Ce cardiologue et chercheur au département des sciences de la vie du CNRS publie cette semaine un ouvrage dont le titre, provocateur, résume le propos : Dites à votre médecin que le cholestérol est innocent, il vous soignera sans médicament. Connu pour ses travaux sur les bienfaits du "régime méditerranéen", ce médecin dresse un véritable réquisitoire contre la "course folle" à la baisse du taux de cholestérol."
Sandrine Blanchard, Le Monde, 13 juin.
L'article de Sandrine Blanchard n'a pas tardé à trouver un écho dans le monde scientifique. Ainsi plusieurs sociétés savantes ont réagi en publiant un communiqué de presse. Nous vous les donnons ici in extenso suivis de la réponse de Michel de Lorgeril et le communiqué de presse de notre maison d'édition :
Les réactions
Société Française de cardiologie, le 13 juin 2007 :
" Dans son édition datée du 13 juin, le quotidien Le Monde rapporte les propos du Docteur de Lorgeril, à l'occasion de la parution de son livre dont le propos est"d'innocenter" le cholestérol dans la genèse des maladies cardio-vasculaires.Ces propos méritent d'être relevés car leur publication dans un organe de presse sérieuxrisque d'apporter du crédit à des théories scientifiquement fantaisistes.
La Société Française de Cardiologie rappelle que l'hypercholestérolémie (taux élevés de cholestérol sanguin) est un des principaux facteurs de risque d'infarctus du myocarde. Elle insiste en outre sur la très grande quantité de preuves scientifiques formelles qui ont montré que l'utilisation des statines (médicaments anti-cholestérol) permet de réduire le risque d'infarctus et de décès, chez les patients cardiaques et ceux à haut risque cardiovasculaire.
Il est donc particulièrement important que ces patients n'interrompent pas un traitement dont les bénéfices sont prouvés.
Enfin, c'est l'occasion de rappeler que le traitement par statines doit s'intégrer dans un
ensemble de mesures d'hygiène de vie : exercice physique, régime, arrêt du tabagisme
chez les fumeurs, également indispensables pour réduire le risque d'accidents
cardio-vasculaires."
Les entreprises du médicaments (LEEM), le 15 juin 2006 :
"Information Presse sur la controverse cholestérol *
1. Rappel des faits
Les maladies cardiovasculaires sont aujourd'hui la première cause de mortalité dans les pays développés. En France, elles tuent chaque année près de 180 000 personnes.
L'excès de cholestérol dans le sang, et plus spécifiquement, de « mauvais cholestérol » (LDL) a été identifié comme l'un des principaux facteurs de risque coronarien.
Habituellement, toute quantité excessive de cholestérol qui ne peut être utilisée par l'organisme est éliminée par le foie. Dans certains cas, en raison d'un mode de vie inapproprié (tabagisme, sédentarité, mauvaise alimentation..) ou d'une maladie héréditaire, l'organisme n'est pas en mesure d'éliminer le cholestérol en excès. Il s'accumule alors dans le sang, se dépose sur les parois artérielles et provoque à terme des accidents cardiovasculaires.
Ce processus, appelé athérosclérose a été largement décrit par les équipes de chercheurs et de médecins du monde entier, et ceci a conduit à la découverte, vers la fin des années 1980, d'une classe de médicaments particuliers, les statines, qui non seulement permettent de faire baisser le « mauvais » cholestérol sanguin mais aussi de prévenir la survenue de complications.
2. Les recommandations médicales
Toutes les recommandations internationales, et notamment les recommandations de l'OMS, incluent la prescription plus ou moins large de statines chez les sujets à risque vasculaire.
Elles se fondent sur des essais cliniques à grande échelle, qui font des statines, l'une des classes thérapeutiques les mieux étudiées :
- l'essai, dit étude HPS, incluant 22000 patients à fort risque d'infarctus du myocarde, relayé par une analyse menée par des équipes anglaises et australiennes indépendantes portant sur plus de 90 000 patients,
- cinq grands essais (Scandinavie, Ecosse, Nouvelle-Zélande...incluant en moyenne chacun 5000 patients) qui sont venus confirmer le bénéfice clinique direct d'une réduction du cholestérol LDL dans la prévention des infarctus du myocarde.
La « bonne » méthode
Ainsi que l'indique la Société française de cardiologie** : « le traitement par statines doit s'intégrer dans un ensemble de mesures d'hygiène de vie afin de réduire le risque d'accidents cardiovasculaires ». Il faut associer l'effort de prévention, c'est-à-dire, une alimentation style « crétois », bouger, ne pas fumer, aux interventions thérapeutiques essentielles.
Les améliorations les plus rapides en matière de santé cardiovasculaire peuvent être obtenues en associant plusieurs médicaments : les statines pour faire diminuer le taux de cholestérol ainsi que de faibles doses d'antihypertenseurs courants et d'aspirine, à prendre quotidiennement par les personnes présentant un risque accru d'accident cardio-cérébrovasculaire. « Cette association médicamenteuse pourrait réduire de plus de la moitié le nombre des décès et des incapacités dus aux maladies cardiovasculaires chez les personnes à risque », affirme le docteur Christopher Murray, Directeur exécutif du groupe Bases factuelles et information à l'appui des politiques, à l'OMS."
* Cf article publié dans le Monde du 13 juin 2007 « Le cholestérol ne bouche pas les artères » par Michel de Lorgeril.
** Société française de cardiologie. 5 rue des Colonnes du Trone - 75012 Paris 01 43 22 33 33
www.sfcardio.fr
Les réponses
Michel de Lorgeril, le 27 juin 2007 :
"LA POLEMIQUE SUR LE CHOLESTEROL ET LES STATINES REBONDIT
Le Dr Michel de Lorgeril, cardiologue, chercheur au CNRS répond à l’industrie pharmaceutique (LEEM), à la Société Française de Cardiologie et quelques autres sociétés savantes.
Le Dr Michel de Lorgeril est l’auteur du livre « Dites à votre médecin que le cholestérol est innocent, il vous soignera sans médicament » paru le 13 juin, dont le journal Le Monde a publié le même jour une interview. Dans son livre et dans son interview, le Dr de Lorgeril, chercheur de renommée internationale remet en cause la « théorie du cholestérol » et la prescription abusive de statines (médicaments anticholestérol). La parution de ce livre a déclenché la publication conjointe de communiqués hostiles de l’industrie du médicament, de la Société française de Cardiologie et d’autres « sociétés savantes expertes dans le domaine de la prévention cardiovasculaire. »
Le Dr de Lorgeril se félicite que soit enfin ouvert le débat sur des points fondamentaux de la médecine contemporaine. Il réfute ici point par point les arguments de l’industrie et des spécialistes du cholestérol :
1. Sur les diagnostics d’hypercholestérolémie ou d’excès de cholestérol
Selon la Fédération de Cardiologie, cosignataire du communiqué de presse, le cholestérol doit être « le plus bas possible » pour minimiser le danger qu’il représente pour notre santé. Dés lors, en l’absence de traitement anticholestérol, nous avons tous du berceau au cercueil un cholestérol trop élevé puisqu’il pourrait toujours être encore plus bas. Nous sommes donc tous hypercholestérolémiques, à moins évidemment d’être traités avec une statine.
De trop nombreux médecins et leurs patients sont aujourd’hui victimes de ce raisonnement absurde. Ce qui explique que 7 à 10 millions de Français ont été ces dernières années traités de façon plus ou moins constante avec ces médicaments, facteur de ruine pour l’Assurance Maladie, et sans aucune justification médicale ou scientifique.
2. Sur « l’efficacité » des statines
La Société française de Cardiologie présente les statines comme des médicaments quasi-miraculeux, capables de « permettre chez les patients les plus à risque de prolonger leur durée de vie ».
Parmi les patients les plus à risque, figurent notamment les seniors, les patients ayant déjà présenté un accident vasculaire cérébral (on dit AVC), ceux ayant survécu à un précédent infarctus et les diabétiques.
Il se trouve que plusieurs études récentes ont mesuré l’efficacité des statines sur la survie dans ces catégories de patients qui bénéficiaient par ailleurs des traitements annexes les plus modernes.
- Les seniors
Chez les personnes de plus de 70 ans, le risque d’attaque cardiaque est multiplié environ par 4 en comparaison avec les personnes de 40 ou 50 ans.
Un seul essai a été conduit chez les seniors (essai PROSPER). Résultats : le « mauvais » cholestérol LDL a baissé de 34%. Aucune baisse du risque de décès (298 et 306 décès respectivement dans le groupe statine et le groupe témoin). Donc la statine n’a pas « permis aux seniors de prolonger leur vie. »
- Les victimes d’un accident vasculaire cérébral
L’essai SPARCL a été conduit chez des patients ayant présenté un premier AVC (et donc à très haut risque d’en avoir un deuxième). Résultats : réduction de 42% du « méchant » cholestérol et aucun effet sur la mortalité (216 et 211 décès). Donc la statine n’a pas « permis aux victimes d’un AVC de prolonger leur vie. »
- Les victimes d’un infarctus
L’essai IDEAL ciblait cette population. Résultats : 30% de réduction du « vilain » cholestérol et aucun effet sur la mortalité (374 et 366 décès).
Idem pour l’essai MIRACL : 40% de réduction du « vilain » cholestérol et aucun effet sur la mortalité (68 et 64 décès).
Idem pour l’essai TNT : diminution de 35% du cholestérol et aucune baisse de la mortalité (282 et 284 décès).
Idem finalement pour l’essai ALLIANCE avec 34% de réduction du LDL cholestérol et aucun effet sur la mortalité (121 et 127 décès).
Donc les statines n’ont pas « permis aux victimes d’un infarctus de prolonger leur vie. »
- Les diabétiques
Parmi les patients à risque élevé figurent les diabétiques, et surtout les diabétiques qui ont une insuffisance rénale : un seul essai (appelé 4D) a été consacré à ces patients. Résultats : réduction de plus de 40% du « méchant » cholestérol, aucun effet significatif sur le risque de décéder (297 et 320 décès) pendant l’essai.
Donc la statine n’a pas « permis aux diabétiques avec insuffisance rénale (les plus à risque parmi les diabétiques) de prolonger leur vie. »
Conclusion
De cet examen rapide et succinct des effets des statines sur l’espérance de vie de plusieurs catégories de sujets à risque élevé d’attaques cardiaques et d’en mourir, il s’avère que les déclarations péremptoires de l’industrie pharmaceutique, de la Société Française de Cardiologie et des Sociétés Savantes cosignataires sont inexactes.
Au-delà de la question des statines, objet de toutes les obsessions de ces experts, l’analyse de ces chiffres indique que des réductions drastiques du cholestérol n’ont pas eu d’effet bénéfique majeur et qu’en conséquence c’est bien toute la « théorie du cholestérol » qui doit être aujourd’hui remise en question.
En outre, la seule conclusion que des observateurs impartiaux pourraient tirer de cet échange d’idées est que nos éminents experts de la prévention cardiovasculaire non seulement n’ont pas lu le livre du Dr de Lorgeril (où ils auraient trouvé les résultats détaillés de ces essais et d’autres ; et aussi quelques commentaires appropriés) mais ils n’ont pas lu non plus hélas les rapports et articles médicaux et scientifiques originaux derrière lesquels ils s’abritent pour décréter que les théories scientifiques défendues par Michel de Lorgeril seraient « fantaisistes ».
Il est donc particulièrement urgent, et dans l’intérêt bien compris des patients et de leurs médecins traitants, de rouvrir sereinement le débat sur des bases scientifiques avérées telles que celles rapportées, décrites et commentées par Michel de Lorgeril dans son livre."
(1) paru aux Editions Thierry Souccar
Thierry Souccar Editions, le 28 juin 2007 :
"La santé cardiovasculaire des Français aux mains du lobby du cholestérol
Dans son livre publié le 13 juin aux éditions Thierry Souccar - Dites à votre médecin que le cholestérol est innocent - le cardiologue Michel de Lorgeril, chercheur au CNRS, dénonce l’illusion de la « théorie du cholestérol » et la prescription abusive de médicaments hypocholestérolémiants.
Cette publication a déclenché la réaction conjointe et hostile de l’industrie du médicament et des responsables de la Société française de cardiologie et d’autres organismes ou sociétés savantes liés à l’industrie pharmaceutique et à l’industrie agro-alimentaire.
Le Dr Michel de Lorgeril est connu mondialement pour ses travaux pionniers sur les vertus cardioprotectrices du régime méditerranéen. Dans son livre, qu’aucun de ses détracteurs n’a apparemment lu, il montre avec toute la rigueur du scientifique, que le cholestérol est un bouc émissaire à bon compte, qui sert de vecteur à une myriade d’intérêts économiques.
En jeu : les dizaines de millions d’euros que représente le fabuleux marché du cholestérol, son dépistage, son traitement par des médicaments (les fameuses statines), des yaourts, des margarines et même, depuis peu, des biscottes. En 2006, les seules statines ont coûté à l’assurance maladie près d’un milliard d’euros.
La nervosité que viennent de manifester ces groupes d’intérêt est compréhensible, et surtout bienvenue. Elle va permettre d’ouvrir le débat sur la collusion qui existe en France entre experts officiels, sociétés savantes et industriels. Ces liens sont aujourd’hui dissimulés au public. Ils ont pour conséquence une surprescription de médicaments, un déséquilibre des comptes de la santé et surtout, comme l’a montré l’affaire du Vioxx, des souffrances inutiles.
En France, la Société française de Cardiologie, tout comme la Fédération française de cardiologie ou encore la Nouvelle société française d’athérosclérose - qui ont réagi de manière virulente au livre de Michel de Lorgeril - entretient des liens anciens et étroits avec l’industrie pharmaceutique et l’industrie agroalimentaire. Leurs dirigeants connaissent bien le cholestérol, les médicaments qui le font baisser et encore mieux les laboratoires qui les vendent.
Dans un souci d’information, Thierry Souccar Editions publiera prochainement une enquête sur le lobby du cholestérol sous le titre Cholestérol, mensonges et propagande. Ce livre expose notamment la nature des liens qui unissent à l’industrie les organismes se revendiquant de la santé cardiovasculaire, ainsi que celle de leurs dirigeants et des experts des commissions officielles.
Note : Les auteurs des 5 principales études sur les statines (médicaments hypocholestérolémiants), qui servent de base aux recommandations aux Etats-Unis et en France avaient des liens financiers avec les laboratoires fabricants, un fait dissimulé lors de la publication des résultats. Plusieurs analyses récentes ont montré que de tels liens financiers biaisent considérablement les résultats. Des dizaines de chercheurs et médecins américains ont donc demandé aux Instituts nationaux de la santé des Etats-Unis que les études sur les statines soient réévaluées par un comité indépendant. Ces spécialistes estiment que la généralisation du traitement par les statines n’est pas « fondée sur des preuves scientifiques. »"
Les autres articles publiés
"Si le cholestérol n’est pas impliqué dans l’infarctus alors pourquoi lui mener une guerre sans répit depuis 25 ans ? Parce que la "théorie du cholestérol" arrange tout le monde : l'industrie pharmaceutique et l'agrobusiness, les laboratoires d'analyses, les fabricants de kits de mesures, mais aussi les médecins qui peuvent trouver un avantage à cette médecine automatisée ; et enfin les patients auxquels on a fait croire qu'ils seraient ainsi protégés sans faire d'effort. Non seulement le cholestérol est un faux ennemi mais c'est un mauvais avertisseur de l'infarctus. On peut avoir un cholestérol jugé haut et vivre longtemps sans infarctus, de même qu’on peut mourir jeune d'un infarctus en ayant un cholestérol normal. Absurdes également sont les concepts de bon et de mauvais cholestérol. "
Métro, édition du 27 juin 2007
"Un pavé dans la mare"
"« le cholestérol est innocent » : c’est la thèse, révolutionnaire, soutenue par le cardiologue Michel de Lorgeril."
Jasmin, édition du 25 juin 2007
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