Les principales difficultés après une chirurgie de l’obésité

Les principales difficultés après une chirurgie de l’obésité

A 3 mois, à 1 an ou à 3 ans, qu’en est-il vraiment du quotidien des patients ?

La chirurgie de l’obésité reste un sujet qui me passionne, même en ayant pris une autre direction dans ma vie professionnelle.
Récemment, j’ai eu l’occasion d’assister à un groupe de parole entre personnes opérées (quoi qu’en comité restreint !). Et je n’ai pu que constater la récurrence des difficultés rencontrées par l’ensemble des patients, quel que soit le temps écoulé depuis la chirurgie : les problèmes psychologiques et les problèmes nutritionnels. D’autres problématiques existent mais n’ont pas beaucoup émergée sur ce temps-là (le travail, la famille, le couple, etc.).
En effet, qu’elle soit effectuée par choix ou par nécessité, cette opération touche le cœur même de notre humanité : le lien inextricable entre notre état mental et notre alimentation. Manger est un acte bien plus complexe et intime que le simple aspect physiologique d’ingestion d’aliments qui se transforment en nutriments.

Conditionné depuis notre naissance (et peut-être même avant ?!), le fait de s’alimenter est en permanence influencé par notre vie quotidienne et par les événements qui s’y rattache. D’où la nécessité d’une « évaluation » et de « suivis » psychologiques. Cet aspect-là reste tabou et difficile à intégrer pour certains patients. Nous savons maintenant que le contexte préopératoire (antécédents de dépression et autres problématiques « psy ») joue un rôle fondamental dans l’état psychique des patients en postopératoire. Très souvent, le « passage à vide » décrit dans le mois, voire dans l’année qui suit la chirurgie, n’est pas anodin, et mérite d’être pris très au sérieux, sous peine d’engager le patient dans un cercle vicieux d’échec, de non-perte de poids voire de reprise de poids, qui ne feront qu’aggraver la problématique de départ.
Là encore, au-delà du pedigree et des compétences des professionnels de santé, le « feeling », l’établissement de « l’alliance thérapeutique » en jargon médical, est une étape obligatoire. La relation patient/soignant est fragile, complexe. Elle se crée et s’entretient. Si elle n’est pas satisfaisante, elle n’aboutit à rien d’efficace et ne permet pas de régler ses problèmes. Sachez qu’il existe suffisamment de spécialités et de méthodes pour que vous puissiez trouver celle qui vous correspond vraiment : TCC (Thérapies Comportementales et Cognitives), ACT (thérapie d’engagement et d’acceptation), psychanalyse, hypnose, … Et des techniques peu connues mises en lumière depuis peu comme l’EMDR, l’EFT. N’hésitez pas à demander conseil aux praticiens qui vous suivent. C’est votre droit, et je dirais même plus, votre devoir, afin de préserver (ou de retrouver !) votre santé dans sa globalité.

Concernant les problématiques nutritionnelles, nous retombons toujours dans les mêmes écueils, à savoir :
- Des difficultés pour mastiquer et manger lentement (30 à 45 minutes, encore et toujours !). Il s’agit ici d’une des clés principales de réussite. Quelques astuces sont possibles mais pas d’échappatoire !
- Des difficultés pour manger de la viande, du poisson ou des œufs (protéines animales indispensables pour assurer le métabolisme protéique de l’organisme, mais qui peuvent être compensées par des protéines végétales, sur conseils avisés d’un professionnel, sous peine de voir s’installer des carences).
- Des difficultés pour boire suffisamment d’eau sur la journée (peu mais souvent, entre les repas, 1L au total, minimum).
- Des problématiques de carences, en fonction des sujets et des chirurgies subies (le by-pass y est plus enclin que la sleeve ou l’anneau) avec l’importance capitale du suivi et la réalisation de bilans sanguins. La prise de suppléments vitaminiques est conseillée selon les cas (ou obligatoire après un by-pass) mais ne peut pas être délétère, même en préventif. J’avais déjà évoqué les produits proposés par le laboratoire néerlandais Fitforme (fitforme.fr) dans un précédent article, en 2014.
- Le problème des envies de sucre, qui peuvent être dues soit à une subcarence en chrome (qui agit en synergie avec l’insuline, hormone régulatrice du sucre dans le sang) ou autres oligoéléments, soit d’ordre psychologique et venir combler un manque affectif ou apaiser des frustrations. L’opération ne prémunit aucunement contre ce dernier type de problème. S’y attaquer est souvent difficile et douloureux mais salvateur pour la réussite sur le long terme.
- Enfin, la difficulté, au final, de modifier son comportement alimentaire dans la durée. Les leviers sont nombreux et très intriqués. Ce qui complique la tâche des professionnels et des patients. L’information, le conseil avisé ne suffit pas. Pour pouvoir réussir à changer, il faut aller chercher la ressource en soi, le vouloir profondément et s’impliquer. Cela demande beaucoup d’énergie et, dans la société dans laquelle nous vivons, tout acte est devenu énergivore. Mais il est possible de canaliser cette énergie dépensée, en appréhendant notre vie, notre condition humaine, d’une autre façon, plus détachée, avec plus de recul.

Alors, en poursuivant mon questionnement, peut-être serait-il bon d’envisager ce changement sous un nouveau jour ? Peut-être avec une vision moins occidentale, plus tournée vers l’Orient et sa philosophie de vie « à la mode » (mais qui a son utilité comme dans la méditation, le zen, la spiritualité) ? Peut-être dans un tout autre genre comme le coaching (« à la mode » aussi !) ? Encore faut-il trouver des personnes sérieuses et compétentes, ou donner les moyens aux professionnels soucieux de trouver des pistes, de se former correctement ou de créer leur propre approche… J’espère que, dans les années à venir, mes réflexions actuelles trouveront des réponses satisfaisantes !

Commentaire

Pour donner votre avis, créez un compte ou connectez-vous.

à propos de l'auteur

J'ai su très tôt que je voulais aider les gens à préserver ou retrouver leur santé. Peut-être parce que cela faisait écho à quelque chose de profond en moi... Restait à trouver dans quelle spécialité. J'avais envisagé la kinésithérapie et l'ostéopathie mais la diététique a été plus forte que tout!

Diététicienne-Nutritionniste depuis 2005, j'ai travaillé en libéral, en psychiatrie (TCA, addictologie, dépressifs, psychotiques,...) et en gériatrie. Très intéressée aussi par la nutrithérapie, je collabore avec le laboratoire français NUTERGIA qui m'a formée aux grands principes de soins par les nutriments faisant déjà partie de mon coeur de métier. De 2009 à 2015, j'ai travaillé dans une clinique privée de la banlieue toulousaine où je m'occupais en particulier de patients opérés d'une chirurgie de l'obésité au sein d'une équipe pluridisciplinaire. Je réalisais des ateliers d'éducation thérapeutique avec eux afin de bien les préparer à leur nouveau rythme alimentaire. Je prenais également en charge des patients atteints de cancer et traités en chimiothérapie, des patients en soins palliatifs, des dialysés, des patients ayant subi une chirurgie digestive,... etc. Cette diversité de patients m'a permis d'en apprendre toujours plus à leurs côtés et m'a rendue humble face à l'adversité de la vie.

Depuis plusieurs années, je m'intéresse particulièrement à la psychologie, la psychanalyse et toutes les formes de thérapies qui en découlent. J'en suis venue à m'essayer à la méditation de pleine conscience grâce au yoga, que je pratique régulièrement afin de développer ma spiritualité. J'ai découvert aussi des techniques psycho-énergétiques qui influencent positivement ma vie. Curieuse et passionée, je continue à lire, voir et expérimenter toute sorte d'approches holistiques comme la médecine intégrative.

Passionnée par les animaux, la Nature et cavalière depuis plus de 20 ans, j'aime randonner et découvrir ma région sur le dos de mon cheval. Je m'intéresse beaucoup à l'équithérapie (soin psychique médiatisé par le cheval et dispensé à une personne dans une dimension psychique et corporelle, définition de la SFE) et à la zoothérapie/médiation avec les animaux parce que j'estime qu'ils représentent une piste d'avenir pour l'être humain.

Après une période de remise en question concernant mes attentes et mon avenir professionel, je poursuis mes projets d'écriture et continue d'en apprendre toujours plus dans ce domaine. Ce temps de réflexion m'a permis de m'orienter vers l'enseignement afin de pouvoir transmettre tout ce que j'ai pu apprendre sur le terrain pendant toutes ces années. J'ai repris mes études, avec joie et apprehension, et décidé de passer un concours de l'enseignement, que j'ai réussi en juin 2016. Une nouvelle voie professionnelle, en continuité avec mon coeur de métier, s'ouvre à moi, et de nouveaux domaines de connaissances me passionnent comme les sciences de l'éducation, la recherche, l'éducation à la santé.

Pour me contacter : esentenac.dietnutri@gmail.com

Page FB : https://www.facebook.com/esentenac.dietnutri

Lire aussi