Les duels de la décision

Trop longtemps les duos impliqués dans les décisions ont été assimilés à des duels et opposés l’un à l’autre. Tour d'horizon de ces duels avec le Dr O'Hare.

Le duel du cerveau rationnel

C’est la première demi-finale qui a longtemps fait référence, nous cataloguant tous en cerveaux gauche ou cerveaux droits. Les connaissances actuelles confirment peu à peu que cette répartition n’est pas aussi tranchée et que nous fonctionnons en meilleure harmonie avec nos deux hémisphères.
L’asymétrie du fonctionnement cérébral a été mise en évidence à la fois par l’étude des conséquences de lésions cérébrales accidentelles sur les facultés cognitives mais aussi, plus récemment, grâce aux techniques d’imagerie cérébrale qui montrent des activations asymétriques suivant les opérations mentales qu’effectue la personne dont on enregistre des indices de l’activité cérébrale. Malgré d’importants progrès sur cette question, il reste de nombreux points de débats.
Bien que dans la communauté scientifique, la question de l’asymétrie cérébrale fasse l’objet de nombreuses controverses, ce thème connaît une grande célébrité auprès du grand public. De nombreux auteurs et journalistes ont ainsi popularisé une dichotomie entre « cerveau gauche » (associé au langage, au raisonnement...) et «cerveau droit» (émotions, intuition ...) caricaturant les travaux scientifiques qui se contentaient de montrer une différence de degré entre les implications de chaque hémisphère. La répartition « psychique » ne peut pas être aussi formelle, d’autant qu’il s’agit de fonctions dominantes et qu’il existe toujours une « coopération » entre les deux côtés. Nous savons aujourd’hui que les deux communiquent et se complètent. Disons qu’ils ont chacun leur point de vue. L’approche intuitive se situe en dehors des hémisphères mais plutôt dans les arcanes du cerveau limbique avec lequel les hémisphères communiquent aussi en continu.

Le duel du cerveau intuitif

  • L’émotion forte court-circuite la décision

La menace est une alerte immédiate, un gel des fonctions cognitives pour réagir de façon réflexe. Lorsque la menace est passée, le cerveau intuitif rend la main et débranche le pilote automatique. La gestion est passée au cerveau reptilien archaïque mais efficace car riche des réflexes de millions d’années d’évolution des espèces dont nous descendons.

  • L’émotion assiste la décision

Le cerveau intuitif fait profiter le cerveau rationnel de sa mémoire émotionnelle encyclopédique, il peut retrouver avec quelques mots-clés toutes les situations précédentes où ils ont été employés, il restituera les schémas et les stratégies qui avaient été mises en place par l’expérience. Ici encore, point de duel mais de dualité.

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